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Ces photographies ont été prises dans le centre de Shibuya peu de temps après la fin de la coupe du monde de football 2026 dans la deuxième partie du mois de Juillet, et avant nos vacances d’été narrées en sept épisodes d’une petite série, au demeurant fort intéressante. Cette coupe du monde paraît désormais bien loin et on aurait l’impression que ces photographies ont été prises dans un univers parallèle. On ne trouve bien entendu plus à Shibuya les effigies de Messi, Yamal et Bellingham sous le grand ballon rond Adidas. Un peu plus loin dans la cohue des petites rues sales de Center-gai, je remarque au détour de la rue Basketball street des grandes fresques que je ne connaissais pas sur un mur latéral du drugstore Matsumoto Kiyoshi. Elles ont été créées pour la réouverture de l’enseigne à Shibuya, sous le nom SHIBUYA SCRAMBLE FLAG. La première grande illustration ressemble à un chat porte-bonheur Maneki-neko avec un design basé sur quelques motifs traditionnels. Elle s’intitule SUNS & ONES et est l’œuvre de l’artiste Nori Okawa (大河紀). La deuxième illustration avec une dynamique pop entend représenter la nature de Shibuya en éternel changement. Elle s’intitule redevelop par l’artiste Inoue (イノウエ). Rien de très original graphiquement mais très certainement en accord avec ce qu’on peut s’attendre à trouver dans le centre de Shibuya. Et de l’autre côté de la rue, les personnages de Sanrio font de la publicité pour du shampoing, au volant d’un cabriolet qui ferait envie le long de la route 134 bordant le Pacifique en direction d’Enoshima. À noter que cette vision fait abstraction des embouteillages encombrant habituellement cette route en été et la chaleur insupportable quand on est à l’arrêt assis dans une voiture sans toit et donc sans air conditionné opérant. Mais je serais près à accepter ces désagréments s’il s’agissait de la Ferrari Testarossa rouge du jeu d’arcade Outrun, en écoutant par exemple Nightcall de feu Kavinsky tiré de son album justement intitulé OutRun (2013). Ce morceau emblématique de Kavinsky, devenu indissociable du film Drive de Nicolas Winding Refn, associait du beau monde. La voix féminine est celle de Lovefoxxx du groupe CSS (Cansei de Ser Sexy). La chanteuse belge Angèle reprendra magistralement le rôle, avec Phoenix, lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Sur le morceau original de 2010, Kavinsky chante également avec un vocoder, accompagné par Sébastien Tellier dans les chœurs. La production est signée par Kavinsky et Guy-Manuel de Homem-Christo (de Daft Punk), avec SebastiAn au mixage. La mention du groupe brésilien CSS (Cansei de Ser Sexy), originaire de São Paulo, me ramène tout d’un coup 20 ans en arrière, car j’écoutais beaucoup en Août 2006 le morceau Let’s make love and listen to Death from Above. En le réécoutant maintenant, je me rends compte que je me souviens de toutes les associations de sons et les tons de voix de Lovefoxxx, de son vrai nom Luísa Hanae Matsushita. Elle est brésilienne issue de la communauté japonaise-brésilienne (nikkei). Comme l’indique le titre du morceau, elle était fan du groupe canadien Death From Above 1979, originaire de Toronto. De fil en aiguille, je réécoute le morceau Black History Month de Death From Above 1979, sur leur album You’re a Woman, I’m a Machine, que j’avais aussi beaucoup écouté il y a vingt ans. Et en parlant de rock indépendant canadien, je repense tout d’un coup au morceau Shaking Hands du groupe Women originaire de Calgary. Shaking Hands possède un équilibre instable entre mélodie pop et dissonance qui est vraiment remarquable. J’évoquais ce morceau dans un article d’Octobre 2009, avec beaucoup d’autres très belles choses dans les musiques indépendantes. Mais Shaking Hands est un de ces morceaux que j’aime réécouter de manière régulière.

Continuons encore un peu en musique avec une très belle découverte, toujours canadienne, celle de Saya Gray avec son album SAYA, sorti en Février 2025. Pour ceux qui sont attentifs, et je sais qu’ils sont nombreux, Saya Gray participait au single Blue de Millennium Parade avec Daiki Tsuneta et Daniel Caesar. Je connaissais la photographie intriguante de cet album sans avoir écouté sa musique jusqu’à maintenant. Saya Gray est née à Toronto d’une mère japonaise pianiste classique et d’un père trompettiste de jazz d’origine écossaise. On imagine très bien qu’elle a été plongée dans la musique dès son plus jeune âge. Elle joue d’ailleurs de plusieurs instruments. Après des EPs expérimentaux, elle construit l’album SAYA qui est plus mélodique, tout en mélangeant diverses choses et styles entre rock alternatif, folk tendance country, R&B, électro et jazz. Le résultat est assez surprenant et très inspiré en commençant par l’excellent …THUS IS WHY (I DON’T SPRING 4 LOVE) ouvrant l’album. Ce morceau est atypique et représente bien le reste de l’album composé de 10 titres. Le morceau PUDDLE (OF ME) est certainement le single le plus évident et le plus immédiat. J’aime aussi beaucoup SHELL (OF A MAN), 10 WAYS (TO LOSE A CROWN) et EXHAUST THE TOPIC notamment pour son final en décrochage sonore. Ces morceaux sont entourés de sons parfois inattendus rendant l’ensemble passionnant et imprévisible à l’écoute. Dans une interview de Février 2023, Saya Gray mentionne que Sheena Ringo est son artiste japonaise préférée, ce qui me satisfait forcément beaucoup. Fujii Kaze et Millennium Parade, tiens donc, sont également mentionnés dans cet interview. À propos de Sheena Ringo, j’irais finalement la voir cette année pour sa nouvelle tournée d’Octobre et Novembre 2026. Ça sera pour la première date à Chiba. Je n’ai pas réussi à avoir une place pour les dates de Tokyo au Tokyo International Forum Hall A, mais finalement, ce n’est pas plus mal car la salle de Chiba est beaucoup plus petite avec environ 1700 places. Espérons que toutes les conditions soient réunies pour que je puisse enfin la voir cette année. Les places sont en tout cas difficile à obtenir même pour le fan club. On ne pouvait demander qu’une seule place par personne pour cette tournée, ce qui n’était pas le cas pour les tournées précédentes, à ma connaissance.

l’été inoubliable (7)

Ces quelques photographies dans le centre de Paris terminent cette série estivale en France et en Europe, mais n’ont pas conclu notre séjour. J’ai eu la mauvaise idée d’oublier le chargeur de batterie de mon appareil reflex et la batterie n’a tenu qu’un peu plus de la moitié de notre séjour. J’ai bien sûr pris beaucoup de photos avec mon iPhone mais je n’ai pas vraiment envie de les montrer même si certaines le mériteraient certainement. D’une manière générale sur mes billets, les photos prises à l’iPhone sont plutôt montrées en support de mon propos mais je n’aime pas beaucoup les mettre en avant comme éléments principaux d’un billet. Nous avons passé deux jours à Paris entre rive droite et rive gauche, mais on a un peu fatigué pour notre deuxième journée. Sur la rive droite, je voulais visiter la Fondation Cartier pour l’art contemporain, installée depuis le 25 octobre 2025 sur la place du Palais-Royal, juste en face du Louvre. On trouvait dans cet immeuble haussmannien construit en 1854-1855 les Grands Magasins du Louvre qui ont fermé leurs portes en 1974, remplacés par le Louvre des Antiquaires jusqu’en 2016. L’intérieur a été ensuite entièrement repensé par Jean Nouvel, qui avait déjà conçu le bâtiment de la Fondation Cartier au boulevard Raspail en 1994. Une des particularités de l’intérieur du musée remodelé par Nouvel est qu’il se compose de plusieurs grandes plateformes mobiles permettant de modifier complètement la hauteur et la configuration des espaces. Les salles ne sont pas fixes et peuvent se transformer en fonction des besoins de chaque exposition. Au total, l’espace est immense avec un ensemble représentant 8,500 m² accessibles au public, dont 6,500 m² d’exposition. On y montre l’Exposition Générale jusqu’au 23 août 2026. Cette exposition inaugurale présente 40 ans de création contemporaine à la Fondation Cartier à travers sa collection montrant environ 600 œuvres d’artistes provenant de nombreux pays. On a apprécié l’éclectisme de la sélection d’œuvres présentées. Les autres photographies du billet ont été prises dans le jardin du Palais Royal, qui est en quelque sorte un passage obligé de nos séjours à Paris. Le reste du séjour que je n’ai pas pris en photo nous a amené vers des paysages de campagne que je connais bien et qui sont à chaque fois rafraîchissants. Une promenade en vélo en début de soirée nous a fait redécouvrir une partie de la faune du bocage, qu’il aurait été de toute façon difficile à prendre en photo. Les lapins détalaient à notre arrivée dans les virages. Les buses nous observaient de loin en tournoyant, puis se cachaient rapidement derrière la cime des arbres. La vie s’activait autour de nous au moment de notre passage puis tout redevenait calme en seulement quelques secondes. Le séjour en famille passe tellement vite qu’on ne voit pas les jours passés. Ces vacances à la campagne et à la ville étaient très agréables et bien entendu inoubliables.

J’ai déjà mentionné n’avoir pratiquement pas écouté de musique pendant ce séjour. Pourtant, en commençant l’écriture de cette série de sept billets et en développant les photographies qui les composent, j’ai eu soudainement envie de réécouter l’album Zooropa de U2 sorti en 1993. C’est peut-être l’ambiance « européenne » de notre séjour, passant par le Luxembourg avec des petites incursions en Allemagne et en Belgique, qui m’a amené inconsciemment vers cet album en particulier. Des quelques albums de U2 que je possède, Zooropa est celui que j’aime réécouter par morceaux, notamment mes deux préférés: Lemon et Stay (Faraway, So Close). Je réécoute maintenant l’album plusieurs fois dans son intégralité, en redécouvrant avec plaisir certains morceaux comme Daddy’s Gonna Pay for Your Crashed Car, Dirty Day ou encore Zooropa qui ouvre l’album. Cet album est clairement le plus expérimental du groupe, très certainement influencé par Brian Eno. Je trouve qu’il a très bien vieilli. Je ne me souviens plus si j’ai commencé à écouter U2 par cet album ou par Achtung Baby (1992) qui le précédait. À cette époque adolescente, j’écoutais beaucoup de rock alternatif américain et de trip-hop anglais, et j’avais eu envie de diversifier mes expériences d’écoute en me dirigeant un peu vers la pop mainstream. Il faut croire que Zooropa ne correspondait peut-être pas exactement à cette catégorisation, notamment par rapport à Achtung Baby qui marquait une apogée marquante pour le groupe. J’avais ensuite beaucoup écouté les albums ultérieurs, en particulier les classiques War (1983) et Boy (1980). J’ai suivi U2 jusqu’à l’album Original Soundtracks 1 (1995) du projet Passengers de U2 et Brian Eno. Cet album concept composé de musiques de films pour la plupart imaginaires était particulier et profondément intéressant. Je l’ai beaucoup écouté, intrigué par deux morceaux en particulier aux ambiances japonaises: Ito Okashi (いとおかし) avec Akiko Kobayashi au chant et le quasi-instrumental One Minute Warning utilisé pour le film d’animation Ghost in The Shell, du moins pour sa version internationale.

l’été inoubliable (6)

L’autoroute du retour en France passe par la Belgique, mais nous n’aurons pas le temps de nous y arrêter. Notre prochaine étape à mi-chemin entre le Luxembourg et Paris est la ville de Reims, car j’avais très envie de visiter la Cathédrale Notre-Dame de Reims. L’impressionnante cathédrale est un chef-d’œuvre d’architecture gothique, profondément liée à l’histoire politique de la France puisqu’il s’agissait du lieu de sacre des rois de France. 25 rois y ont été sacrés, d’Henri Ier en 1027 à Charles X en 1825, en incluant bien sûr le roi soleil Louis XIV. Le sacre à Reims constituait le grand rituel qui consacrait le roi comme souverain légitime de France. Les origines du sacre des rois à Reims remonte au baptême de Clovis par l’évêque saint Remi vers l’an 496. Selon la légende, lors du baptême de Clovis, une colombe serait descendue du ciel et aurait apporté à l’évêque Remi une petite fiole contenant une huile miraculeuse. Cette huile sacrée, l’huile de la Sainte Ampoule, aurait ensuite été conservée à l’abbaye Saint-Remi de Reims, dont les moines étaient les gardiens. Cette huile a été ensuite utilisée pour l’onction du roi lors du sacre. L’huile de la Sainte Ampoule était mélangée au saint chrême, puis l’archevêque de Reims en appliquait une petite quantité sur le roi, le transformant symboliquement en souverain consacré par Dieu.

La cathédrale actuelle a 895 ans. Sa construction démarra en 1211, après l’incendie de l’édifice précédent en 1210, et fut en grande partie construite sur une période d’une soixantaine d’années, achevée vers 1275. C’est une durée de construction assez courte pour l’époque. Des bombardements et un incendie pendant la Première Guerre mondiale détruiront malheureusement sa charpente, et une grande campagne de restauration sera mise en œuvre après la fin de la guerre jusqu’en 1938. L’édifice est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. La cathédrale est vraiment remarquable, notamment pour les sculptures minutieuses de sa façade et de ses trois grands portails. Ces sculptures sont parfaitement intégrées à l’architecture de l’édifice. À l’intérieur, on ne peut qu’être impressionné par la hauteur des voûtes, et par les vitraux modernes, notamment ceux réalisés par Marc Chagall dans les années 1970. La cathédrale mélange ainsi l’art gothique du XIIIᵉ siècle avec des créations beaucoup plus contemporaines. Je me souviens avoir été très impressionné par le gigantesque orgue de la Cathédrale Saint Just de Narbonne que nous avions visité il y a tout juste vingt ans. L’imposant orgue de Notre-Dame de Reims composé de plus de 6 000 tuyaux est également remarquable. Il se trouve au-dessus de l’entrée occidentale, sous une grande rosace. Il est richement décoré avec une façade en bois sculpté qui s’intègre à l’architecture gothique. Lors de l’incendie de la cathédrale en 1914, l’orgue a été gravement endommagé mais n’a pas complètement disparu. L’instrument fut restauré, reconstruit et a fait l’objet de nouvelles restaurations. Visuellement, cet objet coupe le souffle et j’aurais aimé en entendre le son. Sur le parvis de la cathédrale, le soleil tape fort en plein après-midi. Nous cherchons l’ombre mais elle se fait rare. Nous marcherons bien dans le centre de Reims du côté des lignes de tramway mais les températures nous découragent. Il est de toute façon temps de penser à rentrer vers Paris.

l’été inoubliable (5)

Le lendemain, nous prenons la route avec pour destination le château de Vianden, se trouvant dans les Ardennes luxembourgeoises près de la frontière allemande au Nord du pays. Il est situé à une cinquantaine de kilomètres du centre ville. Le trajet pour s’y rendre est très agréable, à travers des paysages vallonnés et boisés. Nous n’empruntons pas de voies rapides mais des petites routes de campagne très bien entretenues, souvent bordées d’arbres. Nous traversons les petites villes ou villages aux noms dépaysants: Imbringen, Altlinster, Ernzen, Merdernach, puis Gilsdorf entre autres. On s’amuse à constater les différences avec la signalétique routière française, pour se dire que celle du Luxembourg est plus claire. Cette route vers le château, alternant champs vallonnés et forêts est un très beau moment de notre voyage. Nous arrivons ensuite au château médiéval de Vianden, construit au milieu des forêts très haut au-dessus de la ville de Vianden. La vue sur le château est assez spectaculaire et est, je dirais, plus intéressante que l’intérieur du château. Les premières constructions fortifiées remontent au Xe siècle. Il s’est progressivement étendu au fur et à mesure des siècles, puis perdu progressivement de son importance jusqu’à tomber en ruine. La restauration commença au XIXe siècle, et au XXe siècle, l’État luxembourgeois entrepris une importante restauration, pour redonner au château son aspect médiéval. Certains intérieurs m’ont cependant semblé trop artificiels, ce qui n’est pas inhabituel dans les réhabilitations de châteaux médiévaux. Il y avait à mon goût un peu trop de commerces à l’étalage à l’intérieur, et d’attractions qui m’ont semblé éloignées de la découverte historique des lieux. La visite n’est pas désagréable et un des intérêts du château est son emplacement donnant une vue magnifique sur la ville de Vianden, la vallée de l’Our et les forêts des Ardennes luxembourgeoises.

Nous reprenons ensuite la route vers Echternach, situé au Sud-Est de Vianden, et nous passons sans s’en rendre compte en Allemagne. J’avais oublié qu’il était aussi facile de traverser les frontières européennes. Nous sommes d’ailleurs assez contents de ce détour inattendu en Allemagne. Nous pensions d’abord déjeuner à Echternach, mais nous profitons plutôt d’une boulangerie allemande pour quelques sandwiches du pays, excellents d’ailleurs, et des bretzels trouvés dans un supermarché Norma tout proche. Echternach nous attire peu et nous filons finalement vers le centre-ville de Luxembourg en prenant une autre route, moins agréable qu’à l’aller. Un petit passage vers le Grund dans la ville basse s’impose car nous voulions utiliser le grand ascenseur panoramique du Pfaffenthal. Il relie la ville basse dans la vallée au plateau de la Ville-Haute, pour un dénivelé d’environ 71m. La cabine vitrée offre une vue spectaculaire sur la vallée. Le quartier du Grund est pittoresque mais on ne sait pas trop où aller, et on n’y restera finalement que peu de temps. On s’est par contre un peu mieux organisé pour le repas du soir en trouvant un excellent restaurant déniché par Mari. Le Restaurant Le Laboratoire est situé dans le quartier Bonnevoie-Nord – Verlorenkost, pas très loin de la gare. La cuisine est française avec une approche assez gastronomique mais dans l’ensemble plutôt décontractée. Je goûterais pour la première fois la bière luxembourgeoise de Diekirch. Cette excursion en terres luxembourgeoises se termine déjà car nous reprendrons la route le lendemain matin avec une petite escale avant de rejoindre la région parisienne.

l’été inoubliable (4)

La suite de notre visite de la vieille ville de Luxembourg nous fait parcourir les anciennes fortifications de Casemates du Bock. Le Bock est le rocher autour duquel s’est développée la ville fortifiée. Un château y fut établit à la fin du Xe siècle et est considéré comme l’origine de Luxembourg. Le terme casemate désigne une construction fortifiée protégée par d’épais murs et destinée à abriter des soldats, des canons ou des munitions. les Casemates du Bock sont donc des anciennes galeries militaires creusées dans la roche, témoignant du système défensif développé de Luxembourg au XVIIe siècle. Elles ont été agrandies progressivement, notamment par des ingénieurs militaires français, pour atteindre environ 23 km de galeries à son apogée. La visite actuelle permet de pénétrer dans une partie de ces galeries étroites et voûtées, avec escaliers et passages creusés dans la roche. Les meurtrières et les grandes ouvertures destinées à l’artillerie, alternant avec des souterrains beaucoup plus sombres, rendent cette visite très intéressante car elle donnent de très beaux points de vue panoramiques sur le quartier du Grund et sur la vallée. Je m’amuse à conjuguer des extraits de roche avec la géométrie des bâtiments anciens en contrebas, notamment ceux de l’Abbaye de Neumünster. On remarque aussitôt l’imposant pont rouge de la Grande-Duchesse Charlotte qui relie le centre historique au moderne quartier européen et financier de Kirchberg. Ce gigantesque pont de 355m a été conçu par l’ingénieur allemand Egon Jux et a été inauguré en 1966. Sa couleur choquerait presque et nous a beaucoup intrigué tout le long de notre séjour. Cette couleur serait due à une peinture anticorrosion rouge appliquée sur la structure métallique. Après avoir longuement marché dans les galeries en se perdant un peu par ma faute, nous rejoignons une nouvelle fois le centre de la vieille-ville pour le dîner du soir. Après quelques tergiversations, on terminera notre course de la journée dans un bistrot de la Place Guillaume II situé devant un Monoprix. La nourriture y était moyenne mais la bière rafraîchissante. On serait resté plus longtemps si les guêpes et abeilles ne nous avaient pas tournées autour pendant tout le repas. Cette première journée se termine mais il nous reste encore des lieux à visiter notamment la ville basse.