春休みin沼津and伊豆(petit 4)

Le sanctuaire Moroguchi (諸口神社) est situé sur le cap de Mihama à proximité du village de pêcheurs d’Heda (戸田). Heda fait partie de la ville de Numazu mais il faut une quarantaine de minutes en voiture depuis le centre ville pour s’y rendre. La route passe par les montagnes et est faite de zigzags incessants qui me rappellent un peu les routes de Kumano et de Wakayama. Ce sanctuaire était un des objectifs de nos petites vacances car on voulait voir la grande porte rouge torii s’ouvrir sur l’océan. Cette porte est en fait dirigée vers la petite baie et le port d’Heda, mais pas vers le grand océan. Une avancée de béton, certainement utilisée comme quai pour certains petits bateaux, permet une vue sur le torii au bord de la forêt dans lequel se trouve le sanctuaire et sur le Mont Fuji au loin. Il fait un vent très fort qui pourrait facilement nous emporter, et il faut s’accrocher pour rester debout sur la bande de béton. A l’ouverture de la baie sur l’océan, l’eau y est très clair donnant un petit côté paradisiaque à l’endroit. On peut très rapidement faire le tour du cap pour apercevoir un peu mieux le Mont Fuji dont la base est désormais brouillée par les nuages et la brume. On a l’impression qu’il s’élève au dessus de l’océan comme par magie. Il n’y avait personne dans le petit sanctuaire de Moroguchi. Des goshuin y sont disponibles mais il faut se servir soi-même et laisser trois cents yens derrière soi. Il faut également écrire la date du jour soi-même ce qui est plutôt rare. Après cette visite, nous rejoignons le port d’Heda vers midi pour un déjeuner de poissons frais. Nous avions manger des sushis le jour d’avant. On se concentre donc sur les spécialités locales, ce qu’on n’arrive pas toujours à bien faire lors de nos petits voyages au Japon.

AAAMYYY vient enfin de sortir un nouvel EP, intitulé Thanks. Il est sorti le 26 Mars 2025 et, si je ne me trompe pas, son dernier EP Echo Chamber datait de Juillet 2022. C’est amusant de voir qu’Ano (あの) qui participait à un des morceaux de cet EP, That Smile (あの笑み) – une contraction subtile de leurs deux prénoms, était relativement méconnue du grand public à cette époque là alors qu’elle passe maintenant sur toutes les chaînes de télévision. Un peu comme sur le concert Option C, le EP Thanks se base sur des collaborations et c’est un vrai bonheur. Du EP, je connaissais en fait déjà quelques morceaux comme le dernier Dearest Living Things avec le groupe Zatta, qu’elle avait interprété pour la première fois lors d’Option C. Ce morceau était également sorti en single, et je l’avais déjà évoqué, tout comme la collaboration avec MONJOE, Wataru Sugimoto (杉本亘) de son vrai nom, intitulé Savior (救世主) et sorti en Février 2023. AAAMYYY a clairement pris son temps pour sortir ce nouvel EP car elle était à priori beaucoup plus impliquée ces derniers temps sur l’album et les concerts du groupe Tempalay. Le morceau qui démarre le EP s’intitule HAPPY et donne une bonne idée de l’ambiance générale du EP. La bonne surprise est qu’il s’agit d’un duo avec les rappeuses Rachel et Mamiko de Chelmico – une contraction subtile de leurs deux prénoms. Le morceau est tout simplement excellent, et avec celui qui suit intitulé Relux, sont mes préférés du EP. Relux est une autre collaboration hip-hop avec Chinza Dopeness (鎮座DOPENESS) dont j’ai déjà plusieurs fois parlé sur ce blog. Ce morceau est génial, et ce dès le premier couplet où AAAMYYY chante avec une association particulière de tons qui lui est tout à fait unique, avec cette fluidité nonchalante qui lui est caractéristique. Je réécoute parfois seulement ce premier couplet car il me fascine complètement. Et la voix rappée de Chinza Dopeness est également tout à fait unique, avec un brin d’humour qui n’est peut-être pas volontaire. L’association des deux voix est assez fantastique. Du EP, je ne connaissais pas le morceau Masaka avec Pecori et Yohji Igarashi, qui est plus rythmé et également très réussi. Bref, ça valait donc la peine d’attendre trois ans. Quand on aime la voix et la manière de chanter d’AAAMYYY, on n’est pas déçu par ce nouvel épisode musical, d’autant plus que sa voix fonctionne très bien en duo.

Hitsuji Bungaku (羊文学) sort des nouveaux singles à un rythme assez soutenu ces derniers temps, et le dernier en date s’intitule Map of the Future 2025 (未来地図2025). Il s’agit d’une collaboration pour l’ouverture d’une partie du centre Takanawa Gateway (高輪ゲートウェイ) que je n’ai pas encore été voir. Ça me rappelle qu’il y a quelques années lors de l’annonce initiale du projet, l’humoriste originaire de Fukuoka Robert Akiyama (ロバート秋山) avait commenté que ce nom ne pouvait avoir été imaginé que par Sheena Ringo. Il faut être particulièrement averti pour comprendre son commentaire, mais j’y avais été sensible d’autant plus que ce comédien me fait beaucoup rire. Le single Map of the Future 2025 est un peu différent des morceaux habituels du groupe car il démarre par des percussions électroniques. Il devient très vite typique du groupe car la voix de Moeka Shiotsuka a une sonorité tout à fait unique. Pendant notre voyage alors qu’on écoutait un morceau du groupe, Mari nous annonce tout d’un coup que Moeka doit être une fille intelligente car elle sort d’un très bon lycée pour filles. J’acquiesce en précisant qu’elle est diplômée de la grande université Keio (tout comme Haru Nemuri d’ailleurs). Au final, Map of the Future 2025 est un excellent morceau comme le groupe arrive si bien à les composer. J’ai en tout cas hâte de les voir une nouvelle fois en concert dans un peu plus d’un mois.

春休みin沼津and伊豆(petit 3)

Sur l’île d’Awashima, on peut croiser à plusieurs endroits des affiches de l’anime LoveLive! Sunshine!! (ラブライブ!サンシャイン!!) qui suit les aventures d’un jeune groupe d’idoles nommé Aqours scolarisé à Numazu dans l’École privée pour filles Uranohoshi (私立浦の星女学院). Je n’ai pas d’intérêt particulier pour cette série que je n’ai jamais vu mais je me souviens avoir aperçu il y a quelques années un train superbement décoré des personnages de cette série animée. C’était un train de la ligne Izu Hakone que j’avais vu à la station de Mishima, près de Numazu. Cette série animée semble en tout cas être un argument encourageant le tourisme dans cette région côtière. Le petit bateau nous amenant jusqu’à l’hôtel Awashima est également décoré d’illustrations de ces jeunes idoles imaginaires avec signatures et dédicaces. Outre son hôtel, la petite île-montagne d’Awashima comprend également un aquarium et son espace extérieur avec dauphins, otaries et pingouins, et un vivarium de grenouilles multicolores. On peut rapidement faire le tour de l’île en trente ou quarante minutes, mais il faut environ cinquante minutes aller retour pour grimper jusqu’au petit sanctuaire se trouvant en son centre. Nous n’aurons pas le temps ni le courage d’y aller. Je préfère de toute façon passer quelques dizaines de minutes dans le jardin au bord de l’eau, près d’une statue ronde et polie de marbre blanc créée par Kan Yasuda (安田侃). Le Mont Fuji que je regarde avec insistance est immuable mais les nuages et le vent qui commence à se faire fort viennent progressivement modifier sa composition visuelle. Ce jardin a un petit quelque chose de méditerranéen et ça me rappelle des souvenirs d’enfance lointains. Vers midi, nous reprenons la route pour entrer un peu plus à l’intérieur d’Izu.

Dans la playlist qui nous accompagne, on compte deux autres morceaux. Le premier s’intitule Linda par CENT avec Utaha (詩羽). Utaha, échappée provisoirement de Suiyoubi no Campanella (水曜日のカンパネラ), avait sorti le 17 Décembre 2024 un très bon single intitulé Bonsai en duo avec CENT, aka Cent Chihiro Chichi (セントチヒロ・チッチ) de ex-BiSH. J’en avais déjà parlé dans un précédent billet. CENT lui renvoie en quelque sorte l’ascenseur car le single Linda, que j’écoute maintenant, sorti le 11 Mars 2025, est un morceau de CENT avec Utaha comme invitée. Les photographies de couverture de ces deux morceaux semblent d’ailleurs avoir été prises lors de la même session photo. Bonsai était par contre sorti chez Warner Music, tandis que Linda est référencé chez Stardust Promotion qui doit être la nouvelle agence de CENT. Les deux morceaux s’accordent bien ensemble bien que Bonsai adoptait un phrasé hip-hop tandis que Linda a une approche beaucoup plus pop rock, assez classique mais extrêmement réjouissante. La voix d’Utaha y est très affirmée par rapport à CENT qui a une voix un peu plus douce, mais elles restent toutes les deux sur des mêmes tons, ce qui donne une belle harmonie. On continue ensuite avec le pop rock sur un morceau intitulé I’m So Sorry de N-FENI (ん・フェニ), dont j’avais déjà parlé ici pour son single All Night Radio (アールナイトレディオ). Pendant son exposition de photographies, Mana Hiraki (平木希奈) m’avait dit qu’elle travaillait sur une nouvelle vidéo qui devait bientôt sortir. Je comprends maintenant qu’il s’agit de ce nouveau single de N-Feni, et une fois de plus, c’est sa vidéo qui me renvoie vers un excellent morceau, à l’énergie débordante et communicative. N-FENI a arrangé et produit elle-même ce morceau avec son groupe, et le résultat est réussi sans révolutionner le genre. Mais quand on aime ce genre pop rock indé, légèrement teinté d’une atmosphère rêveuse d’ailleurs très bien représentée par la vidéo, on aimera ce nouveau single.

春休みin沼津and伊豆(petit 2)

Nous continuons ensuite notre parcours en voiture en sortant du centre de Numazu en direction d’Izu pour faire le tour de la baie d’Enoura jusqu’à la petite île d’Awashima. L’hôtel Awashima (淡島ホテル) où nous passerons la nuit se trouve à l’extrémité de cette île. Cet hôtel n’est accessible que par bateau et la navette dure environ une dizaine de minutes. Depuis le bateau, on aperçoit le majestueux Mont Fuji s’échappant au loin derrière une ligne de basses montagnes. L’homme d’affaire Shōichi Osada (長田庄一) était propriétaire de cet hôtel qu’il a fait construire pendant la bulle spéculative des années 1980. Il avait en fait acheté l’île d’Awashima pour y construire cet hôtel avec l’idée d’en faire un des plus luxueux du Japon. Shōichi Osada est né en 1923 à Kofu dans la prefecture de Yamanashi d’une famille de négociants en bois. Après être monté à Tokyo, il se lance dans la finance en regroupant plusieurs petites banques mutuelles pour fonder une grande banque nommée Tokyo Sowa qui se focalise sur les opérations immobilières et le crédit à la consommation. Il mène une vie flamboyante sans compter ses dépenses. Grand amateur de la France, il devient ami de 50 ans de Jacques Chirac qui viendra d’ailleurs séjourner dans cet hôtel d’Awashima, tout comme d’autres hommes politiques, notamment François Mitterand. Il sera d’ailleurs promu chevalier de la Légion d’honneur par François Mitterrand en 1994, puis officier en 1997 par Jacques Chirac. Une rumeur insistante, mais jamais confirmée, disait même que Jacques Chirac avait un compte bien garni dans la banque Tokyo Sowa, ce qu’il toujours nié. Collectionneur d’art, Shōichi Osada achète de nombreux tableaux français et européens que l’on peut voir dans l’hôtel dans une galerie d’art ouverte sur le grand hall. L’explosion de la bulle spéculative au Japon a précipité la faillite de Tokyo Sowa en Juin 1999. La banque sera ensuite racheté par un fond texan Lone Star pour devenir Tokyo Star Bank (qui a également disparu). On peut voir dans l’hôtel quelques photos de Jacques Chirac avec son ami Shōichi Okada. L’hôtel n’a heureusement pas été emporté par la faillite de Tokyo Sowa et est actuellement dirigé par le fils d’Osada. Le standing de l’hôtel me rappelle un peu l’hôtel Kawakyu à Wakayama, mais il est loin d’être aussi extravagant. j’aime beaucoup ces hôtels construits pendant les périodes fastes de la bulle économique et qui ont depuis beaucoup perdu de leur superbe. On devine par contre encore très bien la richesse des lieux, sauf que l’hôtel ne peut plus vraiment tenir le standing de l’époque et n’a pas vraiment su s’ajuster au niveau auquel on pourrait s’attendre pour un hôtel prétendant vouloir devenir le plus luxueux du Japon. Depuis la terrasse de l’hôtel, la vue sur le coucher de soleil était superbe et hypnotisante. La vue complètement dégagée sur le Mont Fuji est un des points forts de cet endroit, notamment depuis les bains onsen. On ne voit bien sûr rien pendant la nuit, mais nous avons eu le plaisir d’avoir une vue dégagée sur le Mont Fuji au petit matin. Ça nous a fait retourner dans le bain onsen extérieur pour prendre son temps dans l’eau chaude à regarder la montagne sacrée.

L’émission Liquid Mirror d’Avril 2023 consacrée à Ryuichi Sakamoto (坂本龍一) m’a fait revenir vers le Yellow Magic Orchestra (YMO) car elle contenait le morceau Perspective qui m’a beaucoup intrigué. Il s’agit du dernier morceau de leur septième album Service sorti en 1983. On se laisse tout de suite emporter par l’approche au piano de Sakamoto pour se perdre dans les boucles infinies composées de phrases simples, mi-parlées mi-chantées par Yukihiro Takahashi (高橋幸宏), décrivant en anglais des petites actions de la vie quotidienne. Je m’assoie tranquillement dans le jardin de l’hôtel sur les murets blancs en colonnes près du bord de l’océan en écoutant ce morceau ainsi que quelques autres de cet album dont LIMBO, 以心電信 (You’ve Got To Help Yourself) et See-Through. C’est musicalement superbe, très orienté pop 80s ce qui me semblait assez bien correspondre à l’ambiance des lieux où je me trouvais. L’album Service est en fait très particulier car chaque morceau est entrecoupé de scènettes de plusieurs minutes, qu’on peut écouter une fois par curiosité mais qu’on aura beaucoup de mal à écouter à chaque fois. De l’album, je ne conserve donc sur mon iPod que les sept véritables morceaux qui sont, il faut bien dire, tous excellents. Je suis loin de bien connaître la discographie du YMO, mais cet album est pour le moment mon préféré. La voix de Takahashi sur Chinese Whispers ou See-Through me fascine complètement. On ne peut pas dire qu’il était un excellent chanteur mais sa voix parfois un peu torturée me rappelle par moment un peu Bowie. J’écoute aussi le cinquième album Technodelic du YMO sorti en 1981. Cet album électronique est beaucoup plus expérimental dans son approche, mais certaines directions sur le premier morceau Pure Jam (ジャム) me rappellent un peu les Beatles, peut-être à cause de ses sonorités indiennes et de son approche vocale. L’album est plus minimaliste et moins orienté pop par rapport à Service sorti deux ans plus tard. Il est rempli de textures souvent abstraites voire mystérieuses. L’ambiance musicale industrielle inquiétante du morceau Stairs (階段) est une fois de plus fascinante, comme l’est d’ailleurs la grande majorité de l’album. Les ambiances sonores sont superbes, des plus mélodiques comme Light in Darkness (灯) et Epilogue (後奏) concluant l’album, au plus rythmé comme Key (手掛かり). En écoutant ce cinquième album, je me dis maintenant qu’il s’agit peut-être bien de mon album préféré du groupe. Je préfère en fait ces deux albums au mythique Solid State Survivor sorti en 1979, qui contient pourtant quelques merveilles comme Behind The Mask mais Aussie quelques morceaux assez agaçants.

春休みin沼津and伊豆(petit 1)

Nous avons l’habitude de prendre des petites vacances de printemps au mois de Mars avant la rentrée scolaire, mais celles de cette année étaient particulièrement courtes. Nous ne sommes en fait partis que deux jours qui avaient goût de trop peu. Notre destination était Numazu puis une petite partie de la péninsule d’Izu juste à côté. Pas de longs déplacements en voiture cette fois-ci même si les embouteillages après être sortis de Tokyo vers Yokohama Machida sur l’autoroute Tōmei ont bien allongé la durée du voyage. Les embouteillages à cet endroit là sont un paramètre obligé à intégrer au voyage. On prend de tout façon son temps en écoutant la playlist musicale que j’avais préparé à l’avance, ou celle du grand sur Spotify ou la radio si on a fait le tour de tout ce qu’on avait prévu d’écouter. Je commence donc une petite série photographique sous une météo idéale, ce qui ajoute au plaisir de se promener. Nous allons à Numazu car nous y avons des liens familiaux. Nous passons d’abord par le sanctuaire Maruko Sengen (丸子神社 浅間神社), où on a pu admirer quelques beaux cerisiers déjà en fleurs. Nous continuons ensuite vers le bord d’océan comme d’habitude très venteux à cet endroit au bord de la forêt de grands pins. Ils se sont progressivement pliés par la force des vents pour nous laisser apercevoir au loin le Mont Fuji couvert de neige.

Dans un des récents billets de son blog, mahl nous parle très bien du morceau Movie Light de Satoko Shibata (柴田聡子), ce qui me donne immédiatement envie de l’écouter. J’ai souvent croisé le nom de Satoko Shibata dans des articles musicaux. Il me semble même avoir écouté un ou deux morceaux sans forcément avoir été plus loin dans l’écoute. Ce n’était peut-être pas le bon moment ou le bon morceau. Movie Light semble être le bon morceau au bon moment car j’ai été tout de suite séduit par sa composition à la fois assez atypique et très fluide. On est tout de suite transporté par le morceau dès les premières notes qui ont une ambiance très cinématographique. Tout comme mahl l’explique sur son blog, on se sent enveloppé et ensorcelé par le déroulement de ce morceau. Movie Light ouvre l’album Your Favorite Things sorti en Février 2024. Je n’ai pas encore écouté l’album en entier mais je continue par le morceau intitulé Reebok et je trouve son ambiance neo city pop toute à fait fabuleuse. En écoutant ce morceau pour la première fois, j’ai eu l’impression que c’était exactement le morceau que je voulais écouter à ce moment là. C’est peut être parce que cette musique très marquée city pop permet de nous évader dans un monde où les choses semblent légères et sans grande importance. C’est du moins l’impression que me donne la city pop d’une manière générale.

Du coup, j’ai eu envie de continuer cette expérience musicale neo city pop en me dirigeant ensuite vers Hitomitoi (一十三十一). Cela fait un bon petit moment que je suis intrigué par son nom en japonais basé sur un palindrome. J’avais également noté la sortie de son nouveau single Like a First Kiss avec Wild Nothing, projet indie rock de l’américain Jack Tatum. Les collaborations internationales se font de plus en plus fréquentes et c’est agréable de constater qu’elles sont souvent réussies. J’écoute donc ce single à l’ambiance pop, qui me fait par moment penser qu’elle a également un petit accent French Touch. J’ai peut-être cette impression car Hitomitoi a également sorti un single il y a quelques années avec DÉ DÉ MOUSE intitulé Love Groovin’ dans une collaboration référencée comme étant un cross-over entre la city pop et la French Touch. Ce que j’aime dans les morceaux d’Hitomitoi, c’est son approche un peu kitsch tout à fait assumé, qui est vraiment rafraîchissante. Ce côté kitsch se ressent dans les paroles, comme sur le morceau Last Friday Night Summer Rain, mais également dans les photographies de couverture de ses albums. C’est soit Hitomitoi à la plage (sur Surfbank Social Club), Hitomitoi sur les pistes de ski (sur Snowbank Social Club), Hitomitoi à la piscine (sur City Dive)… Je trouve dans sa discographie, quelques pépites neo city pop, comme DIVE de l’album City Dive qui est très accrocheur dès la première écoute. Ça donnerait envie de louer une décapotable rouge (celle de Outrun) et de rouler le long de la route 134 au bord de l’Océan Pacifique du côté de Shichirigahama et Enoshima. Mais ce n’est pas mon morceau préféré d’Hitomitoi, car j’ai été subjugué par celui intitulé Kanashii Kurai Diamond (悲しいくらいダイヤモンド) de son album Talio avec les musiciens de Ryusenkei (流線形). Musicalement, c’est assez exceptionnel, dosé au millimètre, et la voix un brin surjouée d’Hitomitoi est formidable. Il faut que j’écoute cet album en entier car j’aime aussi beaucoup le morceau intitulé Shinkiro (蜃・気・楼). Et pour contribuer parfaitement à la musique de Talio, la couverture est tirée d’une illustration d’Hiroshi Nagai (永井博), connu pour la couverture de l’album A Long Vacation d’Eiichi Ohtaki (大瀧詠一). La décapotable rouge est bien là, sauf que ce n’est pas la Testarossa d’Outrun. Décapotable ou pas, ces quelques morceaux faisaient partie de la playlist des trajets en voiture de ces petites vacances de printemps. L’album Talio de Ryusenkei et Hitomitoi est en fait la bande originale du drama de la NHK intitulé Talio Fukushu Daiko no Futari (タリオ 復讐代行の2人), diffusé en 2020, avec Minami Hamabe (浜辺美波) et Masaki Okada (岡田将生). Ryusenkei se compose du guitariste Cunimondo Takiguchi (クニモンド瀧口), du bassiste Takehiro Oshizuka (押塚岳大) et Yuzo Hayashi (林有三) aux claviers. Du groupe, j’avais déjà remarqué l’album Tokyo Sniper dont je commence l’écoute maintenant. La chanteuse accompagnant la Neo City Pop de cet album se nomme Nika Eguchi (江口ニカ), mais il s’agit en fait d’un nom d’emprunt pour Hitomitoi. De l’album, j’aime déjà le morceau d’ouverture Time Machine Love (タイムマシーン・ラヴ).

SR EXPO’24

Lorsque j’ai une heure à perdre dans les quartiers d’Ebisu, Naka-Meguro ou Daikanyama, je passe souvent faire un tour à la grande librairie Tsutaya Daikanyama T-Site. L’heure ou la trentaine de minutes que j’y passe n’est jamais perdue car j’y découvre souvent des choses intéressantes et c’est justement ce qui me fait y revenir. La librairie contient deux petits espaces d’exposition dans le bâtiment central près du grand escalier, avec des expositions renouvelées très régulièrement. Je feuillette également les magazines mais il m’arrive également de seulement traverser les rayons en regardant les couvertures, du côté de l’architecture, des arts graphiques, de la photographie, entre autres. Une partie d’un des trois bâtiments a été converti à l’étage en espace partagé de travail et j’y vais donc beaucoup moins souvent. J’avais un peu plus de temps devant moi cette fois-ci et je me suis donc aventuré vers ce troisième bâtiment, si on peut qualifier d’aventure ouvrir une porte automatique d’une grande librairie.

C’était une bonne idée car j’y trouve au rez-de-chaussée la série de tous les numéros du magazine Daibenkyo (大勉強), magazine culturel semestriel consacré à la culture de la région de Hokuriku. Le magazine est publié par une boutique spécialisée nommée PHAETON, située dans la ville de Kaga dans la préfecture d’Ishikawa. Le numéro 5 sorti le 13 Février 2023 montrait Sheena Ringo en couverture. Je n’avais pas pu l’acheter à sa sortie car sa distribution devait être limitée mais je me suis rattrapé cette fois-ci en voyant ce numéro ainsi que plusieurs autres présentés sur une table dans un coin du Tsutaya. Je l’ai d’abord feuilleté pour constater que l’interview de Sheena Ringo était courte et les photos l’accompagnant assez peu nombreuses, mais j’ai été convaincu par le reste du magazine, notamment par une série de photographies prises par Rinko Kawauchi (川内倫子) et par un petit article évoquant la princesse Kukurihime. J’y ai vu un signe car j’avais écrit récemment un texte imaginaire, se déroulant dans le sanctuaire de Samukawa, évoquant cette même princesse historique. Le magazine nous parle de son histoire et accompagne l’article d’une série de photographies donnant une représentation moderne de Kukurihime sous les traits d’une jeune femme aux cheveux longs et blonds. La représentation imaginaire que j’en avais fait était un peu différente et ressemblait vaguement à l’actrice Nana Komatsu. En plus de la beauté de ses pages qui m’a finalement convaincu de l’acheter, ce magazine m’a rappelé au fait que je n’avais toujours pas fini d’écrire mon billet sur le concert de Sheena Ringo auquel j’ai assisté le 21 Novembre 2024. Au moment de commencer son écriture, j’avais fait comme un bloquage, intimidé en quelques sortes par la lourdeur de la tâche, ayant le sentiment qu’il y a tant de choses à en dire et à écrire. Mon compte rendu du concert Shogyōmujō (椎名林檎と彼奴等と知る諸行無常) de 2023 au Tokyo International Forum m’avait pris en tout quatre billets, et j’ai eu beaucoup de mal à me faire à l’idée d’en écrire autant. J’ai donc mis cette écriture de côté pendant plusieurs mois jusqu’à maintenant, en pensant finalement que rien ne sert d’en écrire trop.

Ma place pour le concert de Sheena Ringo pour sa tournée Ringo EXPO’24 ((生)林檎博’24), sous-titrée Economic Recovery (ー景気の回復ー) était réservée depuis plusieurs mois mais les places exactes dans la grande arène du Saitama Super Arena (さいたまスーパーアリーナ) n’ont été annoncées que le jour avant la séance. J’ai assisté au concert du Jeudi 21 Novembre 2024 à 19:00. Il s’agissait de mon troisième choix. La loterie pour l’achat des places a décidé pour moi. La tournée nationale des arènes Ringo EXPO’24, accompagnant la sortie du dernier album Hōjōya (放生会), s’est déroulée en dix dates dans tout le pays, en démarrant le 5 Octobre à Aomori pour une date, continuant à Niigata le 20 Octobre et au grand hall du château d’Osaka pour deux dates les 29 et 30 Octobre. La tournée continuait le mois suivant, à Shizuoka le 7 Novembre, au Saitama Super Arena pour trois dates les 21, 23 et 24 Novembre, puis Fukui le 29 Novembre et un final le 15 Décembre 2024 au Marine Messe de Fukuoka. On aurait pu penser que cette grande tournée en solo se terminerait à Saitama, tout près de Tokyo, mais Ringo a préféré la terminer dans sa ville d’origine. C’est la première fois que j’assistais à une concert ou évènement dans la grande arène du Saitama Super Arena qui peut contenir jusqu’à 37000 personnes. Difficile à dire s’il y avait en effet ce nombre de personnes dans la salle, mais toutes les places semblaient occupées et c’était impressionnant de voir autant de monde réuni. La dernière tournée des arènes avait eu lieu en 2018 pour Ringo Expo’18.

J’avais pris une journée de congé ce jour là. Comme pour le concert Shogyōmujō, je suis d’abord parti me procurer le sceau goshuin d’un sanctuaire. C’était celui d’Atago la dernière fois et c’est celui du sanctuaire Hikawa à Shibuya cette fois-ci. Je ne sais pas trop pourquoi l’idée m’est revenu en tête de me procurer un goshuin pour marquer cette journée, mais je me suis dit que ça pourrait devenir une tradition. Je suis arrivé tôt dans l’après-midi à la station de Shintoshin où se trouve Saitama Super Arena, car je voulais passer par la boutique de la tournée imaginant que certains articles seraient rapidement en rupture de stock. Il était possible de commander en ligne à l’avance mais pour une période limitée. Tellement limitée en fait que je n’ai même pas eu la possibilité d’y commander quoique ce soit, la boutique en ligne affichant un laconique “checking stock” à chacune de mes tentatives de connexion. Ceci a nourri mon envie de venir tôt et malgré cela, certains articles étaient déjà en rupture de stock. Je me suis tout de même procuré le petit drapeau indispensable, un t-shirt à l’effigie de la tournée et un badge. J’aurais voulu me procurer un autre t-shirt montrant le fidèle guitariste Yukio Nagoshi, guitare à la main et vétu d’un yukata blanc dans une atmosphère à la fois japonisante et fantomatique, mais il n’y avait déjà plus ma taille. Je ne suis apparemment pas arrivé assez tôt. J’ai en contrepartie eu beaucoup de temps pour faire le tour de la grande arène qui a une architecture grandiose surplombée d’un immense cadre s’illuminant progressivement au fur et à mesure que la nuit avance. J’aime aussi observer les autres spectateurs, ceux faisant des efforts certains pour s’habiller à la mode de cette tournée ou en ressortant des anciens goods des tournées précédentes de Sheena Ringo ou de Tokyo Jihen. On y retrouve par exemple systématiquement le jogging blanc et rouge de la tournée Ultra C de Tokyo Jihen. On trouve dans le public tous les âges, certains semblant être des fans de la première heure ayant pris de l’âge en même temps que leur idole, d’autres semblant être des fans beaucoup plus récents. Je m’amuse en regardant certains petits groupes de fans, avec parfois des tenues coordonnées, se prenant en photos à tour de rôle.

Les quelques heures ont finalement passé vite, et on se dirige tranquillement vers une des grandes entrées de l’arène. Plusieurs files d’attente se créent et nous font entrer sans encombre. A l’entrée, plusieurs bouquets de fleurs nous accueillent. L’un d’entre eux est offert par le groupe Buck-Tick, ce qui me surprend un peu et me ravit en même temps. Sheena Ringo et feu Atsushi Sakurai (櫻井敦司) de Buck Tick avaient interprété ensemble le morceau Kakeochi-sha (駆け落ち者) pour l’album Sandokushi (三毒史) et Ringo avait repris le morceau Uta (唄) de Buck-Tick. A côté, un bouquet est au nom du directeur créatif Michihiko Yanai (箭内道彦). J’avais déjà parlé de son magazine musical Kaze to Rock (風とロック) créé en 2005 et qui a montré Ringo en couverture plusieurs fois. Il n’est pas étonnant de trouver un bouquet au nom du groupe SOIL& »PIMP » SESSIONS qui a déjà accompagné Ringo, mais j’ai été agréablement surpris de voir un bouquet au nom du comédien Bakarism (バカリズム). Le fait que le comédien soit originaire de Fukuoka explique peut-être le lien. Toujours est-il que j’aime beaucoup les dramas qu’il crée, comme son dernier Hot Spot qui vient de se terminer, et dont j’ai déjà parlé ici. Peut-être qu’un jour, il donnera un second rôle à Ringo. Je la verrais très bien en actrice et je pense qu’elle le sait très bien elle-même, mais elle se dévoilerait peut-être trop. Et à propos de cinéma, je ne suis pas trop surpris de voir également un bouquet au nom de l’actrice Fumi Nikaidō (二階堂ふみ). J’avance ensuite à petits pas dans les couloirs arrondis de l’arène jusqu’à la porte donnant accès à la zone où se trouve mon siège. Je ne suis pas placé trop loin de la scène, sur le côté droit et dans la première moitié en hauteur. C’est une meilleure place que lors du concert au Tokyo International Forum. On dirait que je me rapproche progressivement de la scène même si le positionnement des places doit être le fruit d’un hasard calculé. Je dis cela car j’imagine, sans en être certain, que les places réservées aux membres du fanclub dont je fais partie doivent être prioritairement situées vers l’avant. Je suis dans les premiers à m’asseoir sur ma rangée, ce qui me donne le temps de regarder la grande salle se remplir progressivement. La fosse noire n’est pas encore occupée par les 25 musiciens formant l’orchestre mené par Neko Saito (斎藤ネコ). Pendant l’attente avant le début du concert, sont diffusés exclusivement des morceaux du musicien Big Yuki qui avait participé au single Watashi ha Neko no Me (私は猫の目).

Pour cette tournée, outre Neko Saito et son orchestre, Ringo s’est entourée de fidèles dont Yukio Nagoshi (名越由貴夫) à la guitare, Ichiyō Izawa (伊澤 一葉) aux claviers, Keisuke Torigoe (鳥越 啓介) à la basse et Shun Ishiwaka (石若駿) à la batterie. Nagoshi et Torigoe sont systématiquement présents à ses tournées récentes, mais Shun Ishiwaka, ex Millennium Parade réputé comme étant un des meilleurs batteurs japonais du moment, est devenu depuis le dernier concert un nouveau fidèle. Retrouver Ichiyō Izawa sur scène était une excellente surprise et pourrait presque relancer les suppositions sur un futur hypothétique nouvel album de Tokyo Jihen. Ichiyō Izawa a en tout cas participé à plusieurs morceaux de l’album Hōjōya (放生会).

La formation complète de 30 musiciens accompagnant Ringo prend une nouvelle fois pour cette tournée le nom de « The Mighty Galactic Empire », comme pour Ringo Expo 18 et 14. Cet album comprenant beaucoup de duo avec d’autres artistes féminines, tout le suspense était de savoir qui serait présent sur scène. Je le savais un peu à l’avance, car même si les secrets étaient bien gardés, quelques informations avaient circulé sur la présence d’Ikkyu Nakajima (中嶋イッキュウ) de Tricot, DAOKO et Momo (もも) de Charan Po Rantan (チャラン・ポ・ランタン) sur des dates précédant celles de Saitama. Elles étaient bien toutes les trois sur scène pour accompagner Ringo, mais je ne pensais pas qu’elles seraient autant présentes. Je ne cache pas mon bonheur de voir sur scène Ikkyu et DAOKO en duo avec Ringo, les suivant déjà depuis plusieurs années en sachant leur attirance pour la musique de Sheena Ringo. À vrai dire, ce n’est pas la première fois que DAOKO intervient sur une tournée de Sheena Ringo car elle était déjà présente sur la tournée précédente sur grand écran pour la version remixée par Shinichi Osawa du morceau Ishiki (意識). Les autres artistes ayant participé au dernier album, comme Nocchi (のっち) de Perfume, AI, Atarashii Gakko! (新しい学校のリーダーズ) et Utada Hikaru (宇多田ヒカル) n’étaient malheureusement pas présentes lors du concert. Je m’en doutais très fortement pour Utada Hikaru, mais j’aurais vraiment aimé voir soudainement Nocchi débarquer sur scène (bien que je sois très loin d’être un amateur de la musique de Perfume). Au niveau des invitées, il n’y avait en fait pas de différences entre les séances à Saitama et celles des autres viles de la tournée.

Sheena Ringo a interprété en tout 27 morceaux incluant deux dans les rappels. Il y avait bien sûr un grand nombre de morceaux tirés du dernier album Hōjōya (放生会), dix morceaux en tout, tandis que le reste était tiré des albums précédents avec une majorité de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処) qui reste l’album préféré des fans. Le concert ouvrait sur un morceau de l’album Sandokushi (三毒史), Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚), et c’est un des seuls tirés de cet album, avec le magnifique TOKYO qu’elle jouera à mi-concert. Par rapport au concert précédent au Tokyo International Forum, les effets sur scène étaient beaucoup plus impressionnants avec plusieurs écrans géants. Certaines cinématiques montrant des moines boudhistes apparaitre pour lancer de leurs mains d’immenses lasers traversant la salle étaient impressionnantes. L’avantage de ces écrans est qu’ils donnent par moments une vue plus précise de ce qui se passe sur scène, car même si je n’étais pas très loin de la scène, on ne distingue pas toujours exactement tout ce qui s’y passe. Ce genre de salle permet également des effets d’entrée en scène, Ringo descendant sur scène par une petite nacelle au début du concert. Si mes souvenirs sont bons, cette nacelle descendait d’une sorte d’ovni, Ringo devenant donc un personnage sidéral. Ce genre d’effets visuels n’est pas vraiment indispensable mais produit tout de même son effet sur le public, qui est comme hypnotisé de la voir arriver du haut de l’arène dans une longue robe rouge, avec des cheveux blonds et portant un rouge à lèvres rouge vif (le Shiseido modèle 417 bien sûr). Elle a bien sûr changé de très nombreuses fois de tenues pendant le concert, mais j’ai préféré les tenues plus originales et décalées de sa tournée précédente. Il n’y avait rien de vraiment marquant cette fois-ci et le passage où elle était habillée en sirène dans sa coquille était un peu trop kitsch pour moi. C’était le moment que j’ai le moins apprécié. Voir Ringo en kimono noir interpréter le morceau Closed Truth (茫然も自失) était par contre un moment mémorable, tout en étant assez classique de ce qu’on peut attendre d’elle. Ce passage m’a fait apprécier ce morceau comme étant l’un de mes préférés du dernier album. Surtout que juste après, Ikkyu vient rejoindre Ringo sur scène pour interpréter Offering sake (ちりぬるを), habillée d’un même kimono noir et d’une coupe de cheveux très similaire. Le mimétisme est assez impressionnant même si Ikkyu est un peu plus grande que Ringo. C’est la première apparition d’Ikkyu sur scène lors de ce concert mais ce n’est pas la dernière car elle reviendra ensuite pour interpréter un morceau plus ancien, Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処). On pouvait voir clairement la jubilation d’Ikkyu d’interpréter ce morceau devant un public de 37,000 personnes. J’ai eu par moment un peu de mal à distinguer Ringo d’Ikkyu, et c’était même un peu perturbant. Mais quel plaisir de les voir ensemble sur scène, surtout que leur joie était visible sur scène.

Il y avait un clin d’oeil amusant, si on peut dire, pour le morceau Yokushitsu (浴室) de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ), car Ringo tenait à la main un couteau comme lors du concert Ringo Expo’08. Elle a interprété plusieurs morceaux de Tokyo Jihen, ce qui était une bonne surprise. Il n’est pas rare qu’un ou deux morceaux de Tokyo Jihen se glissent dans ses concerts, mais il y en avait trois cette fois-ci: Eien no Fuzai Shōmei (永遠の不在証明) du mini-album News, Himitsu (秘密) de l’album Adult (大人) et le plus récent Inochi no Tobari (命の帳) de l’album Music (音楽). Le concert comprenait quelques reprises comme TOUCH (タッチ) de Yoshimi Iwasaki (岩崎良美). Le surprise était de voir DAOKO entrer sur scène pour chanter ce morceau. Elle reviendra ensuite pour le duo du morceau A triumphant return (余裕の凱旋), qui est un des morceaux de l’album Hōjoya que j’aime beaucoup réécouter. Ringo et DAOKO sont habillées d’une manière charmante, de la même tenue que lors de leur passage télévisé. Parmi les reprises, il y avait également celle d’un morceau du groupe APPA (あっぱ), intitulé Gipsy (ジプシー). APPA est le groupe d’Ichiyō Izawa, qui était donc sur scène au côté de Ringo pour l’interpréter. Pendant le passage instrumental Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色), tous les membres du groupe et de l’orchestre de Neko Saito formant « The Mighty Galactic Empire » sont présentés dans une vidéo les montrant dans les coulisses. Il s’agit également d’un clin d’oeil à un des précédents concerts, car ce type de présentation très cinématographique avait déjà été utilisé. L’autre très grande surprise pour moi était la reprise du morceau MOON du groupe REBECCA (レベッカ) sur leur album Poison. Je parle assez souvent de ce morceau sur ce blog car je l’écoutais avant de venir vivre au Japon. Ringo avait en fait déjà mentionné dans une émission télévisée qu’elle appréciait ce morceau donc cette reprise est finalement assez logique. Il n’empêche que ça fait plaisir d’entendre Ringo chanter ce classique, même si rien ni personne ne peut remplacer la voix si particulière de Nokko. Au début du concert, Ringo a chanté un morceau que je ne connaissais pas, Uchu no Kioku (宇宙の記憶), qu’elle a écrit et composé pour Maaya Sakamoto (坂本真綾). C’est un très beau morceau à l’ambiance jazz qui possède l’indéniable marque de fabrique de Sheena Ringo, surtout que SOIL&“PIMP”SESSIONS fait l’interprétation musicale. Je persiste à penser qu’elle devrait sortir un album purement jazz, avec une instrumentation minimale, genre un quartet. Lors des concerts de Sheena Ringo, il a toujours un manque. Elle ne parle en effet que trop peu au public, et cette fois-ci, elle a fait parler sa fille par un message audio, tout comme pour le concert Tōtaikai (党大会).

Momo de Charan Po Rantan est la troisième invitée du concert et elle apparaît sur scène vers la fin pour son duo festif sur Cheers beer (ほぼ水の泡). Le moment particulièrement exaltant du concert est de voir ensuite Momo, Ikkyu Nakajima, DAOKO accompagner Ringo sur le morceau Watashi ha Neko no Me (私は猫の目). Elles tournent toutes les quatre sur scène, accompagnées des deux danseuses SIS qui étaient également présentes sur la tournée précédente. Là encore, leur joie d’être sur scène est très communicatif, matérialisant cette deuxième partie de concert plus festive, principalement centrée sur les morceaux de l’album Hōjōya. Le concert se termine finalement sur les rappels avec 1RKO (初KO勝ち), qui est un des succès commerciaux de cet album, puis le morceau Chichinpuipui (ちちんぷいぷい), de l’album Hi Izuru Tokoro, que j’imagine toujours comme un hymne à Ringo. J’imagine tout à fait ce morceau avoir été conçu pour les concerts. Au final, je n’avais plus l’effet de surprise sur ce concert par rapport au précédent, même si assister à un tel spectacle dans une salle aussi énorme est une surprise en soi. Difficile de dire si j’ai préféré ce concert là au précédent. Celui-ci était certes plus grandiose mais je pense avoir préféré l’ambiance générale de Shogyōmujō, peut-être parce qu’il se passait dans une salle plus petite. Ceci étant dit, les images que l’on pouvait voir sur les écrans géants étaient souvent impressionnantes, et le final montrant Sheena Ringo comme une androïde désossée dans un paysage urbain apocalyptique était tout à fait étonnant. Il y a un thème de science fiction en fil rouge de ce concert car, comme je le mentionnais au dessus, les premières images montraient une sorte d’ovni dont descendait Ringo en chantant sa chanson pour Maaya Sakamoto sur la Mémoire de l’Univers (宇宙の記憶), et un chat noir robotisé géant accompagnait également certains des derniers morceaux. Ce genre d’effets rend particulièrement bien dans une grande salle. Pour ceux intéressés, des rapports de ce concert ont été écrits sur certains sites musicaux et on peut trouver les liens sur une page dédiée sur le site Kronekodow.

Pour référence, je note ci-dessous la setlist du concert du Jeudi 21 Novembre 2024 de la tournée Ringo EXPO’24 ((生)林檎博’24) – Economic Recovery (ー景気の回復ー) de Sheena Ringo, au Saitama Super Arena:
1. Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚) de l’album Sandokushi (三毒史)
2. Uchu no Kioku (宇宙の記憶), écrit et composé par Sheena Ringo pour Maaya Sakamoto (坂本真綾)
3. Eien no Fuzai Shōmei (永遠の不在証明) du mini-album News de Tokyo Jihen
4. Shizuka Naru Gyakushū (静かなる逆襲) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
5. Himitsu (秘密) de l’album Adult (大人) de Tokyo Jihen
6. Yokushitsu (浴室) de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
7. Inochi no Tobari (命の帳) de l’album Music (音楽) de Tokyo Jihen
8. TOKYO de l’album Sandokushi (三毒史)
9. Bye Purity (さらば純情) de l’album Hōjōya (放生会)
10. Adult Code (おとなの掟), de la compilation Gyakuyunyū ~Koukūkyoku~ vol.2 (逆輸入 ~航空局~; Reimport, Vol. 2 ~Civil Aviation Bureau~)
11. MOON, de l’album Poison, reprise du groupe REBECCA (レベッカ)
12. Arikitarina Onna (ありきたりな女) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
13. A procession of the living (生者の行進), de l’album Hōjōya (放生会)
14. Gipsy (ジプシー), reprise du groupe APPA (あっぱ)
15. As a Human (人間として), de l’album Hōjōya (放生会)
16. Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色) de la compilation Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
Présentation des membres du groupe (メンバー紹介)
17. Closed Truth (茫然も自失), de l’album Hōjōya (放生会)
18. Offering sake (ちりぬるを) avec Ikkyu Nakajima, de l’album Hōjōya (放生会)
19. FRDP (ドラ1独走), de l’album Hōjōya (放生会)
20. TOUCH (タッチ) avec DAOKO, reprise du morceau de Yoshimi Iwasaki (岩崎良美)
21. Seishun no Mabataki (青春の瞬き), de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
22. Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) avec Ikkyu Nakajima, de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
23. A triumphant return (余裕の凱旋) avec DAOKO, de l’album Hōjōya (放生会)
24. Cheers beer (ほぼ水の泡) avec Momo, de l’album Hōjōya (放生会)
25. Watashi ha Neko no Me (私は猫の目) avec Momo, Ikkyu Nakajima, DAOKO, de l’album Hōjōya (放生会) 
Rappels (アンコール)
26. 1RKO (初KO勝ち), de l’album Hōjōya (放生会)
27. Chichinpuipui (ちちんぷいぷい), de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)