Il est magnifique et très travaillé ce camion Dekotora sur les deux premières photographies du billet. Il était stationné pendant quelques jours devant le grand magasin PARCO en plein centre de Shibuya. Ce camion très décoré et coloré a un nom et s’appelle Aki Kannon (亜紀観音) en hommage à la chanteuse de Enka Aki Yashiro qui fête cette année ses cinquante années de carrière. On remarque une photo de la chanteuse sur une portière du camion et la plaque d’immatriculation au numéro 846 évoque bien entendu Yashiro (8 = Ya, 4 = Shi, 6 = Ro). Ce lien entre la chanteuse et le monde des camionneurs viendrait d’un film de la série Truck Yarō (トラック野郎). Cette série de films de comédie et d’action comprend 10 épisodes dans lesquels on retrouve à chaque fois une histoire d’amour impossible, un peu comme dans la longue série de films Tora san, Otoko ha Tsurai yo (男はつらいよ). Aki Yashiro prenait le rôle d’une camionneuse dans le cinquième épisode de la série Truck Yarō, intitulé Dokyō Ichibanboshi (度胸一番星) et sorti en 1977. Elle est en quelque sorte devenue une madone des camionneurs depuis cet épisode. Je n’ai pas été vérifié ce jour-là mais le magasin de disques Disk Union installé au premier sous-sol du PARCO affichait également sur sa devanture des posters de Aki Yashiro.
On change un peu de décor sur les photographies qui suivent tout en restant dans l’arrondissement de Shibuya. Je profitais d’un passage à Sasazuka pour partir à la recherche de nouvelles toilettes publiques du projet Tokyo Toilet. Pour rappel car je l’ai souvent évoqué ici, ce projet vise à renouveler un grand nombre des toilettes publiques de Shibuya en faisant intervenir des architectes et designers reconnus. Celles que j’ai pu découvrir à Hatagaya, juste à côté de Sasazuka, dans le parc de Nanago Dori étaient particulièrement élégantes. Ces toilettes prennent la forme d’un dôme blanc délicatement posé sur un terrain de graviers blancs au milieu des arbres du parc. On doit cette forme ressemblant à un ovni à Kazoo Sato de l’agence publicitaire TBWA/Hakuhodo. Une des particularités de ces toilettes est qu’elles sont contrôlables par la voix. Dans cette série de photographies, la simplicité de cette forme ronde installée dans un quartier tranquille de Shibuya nous repose le regard et vient complètement contrasté avec la complexité détaillée du camion Dekotora posé dans le centre nerveux de Shibuya. A vrai dire, les deux m’attirent dans des proportions équivalentes. J’aime beaucoup la tranquillité des quartiers résidentiels vides mais aussi la densité presqu’insoutenable des quartiers pleins à ras bord. Tout l’interêt de Tokyo est de pouvoir passer très rapidement de l’un à l’autre en marchant seulement quelques pas (enfin plusieurs dizaines de pas quand même). Si on me demandait ce que j’aime dans cette ville, c’est peut-être bien ce que je retiendrais.
Je n’ai pas résisté à la tentation de faire l’otaku (OTK pour être spécifique) en allant faire un tour le soir au Tower Records de Shinjuku le jour même de sa réouverture, le Vendredi 8 Octobre 2021. Il était fermé pendant plusieurs mois pour rénovation ou plutôt pour réarrangement interne. La raison pour laquelle j’y suis allé est que Tokyo Jihen est en photo sur les posters annonçant cette réouverture. Ils sont renommés en « Shinjuku Jihen », pour l’occasion. On connaît les liens étroits entre le magasin de Shinjuku et Sheena Ringo, car une des staffs du magasin est fan. Elle contribue souvent aux événements spéciaux mettant en avant Sheena Ringo ou Tokyo Jihen. J’y suis allé il y a plusieurs mois pour voir l’exposition des costumes de scène du groupe à l’époque de la sortie du DVD/Blu-ray du concert News Flash. En plus des posters affichés à différents endroits du magasin et sur des écrans digitaux dans tout le Department Store Flags, on pouvait également voir à l’entrée du Tower Records au 9ème étage des papiers cartonnés avec les signatures des cinq membres du groupe. Sheena signe toujours avec un dessin de petite pomme et un « merci » écrit en français. J’ai publié ces quelques photos prises à l’iPhone sur Twitter assez rapidement le soir même, en espérant éventuellement être dans les premiers à le faire et donc susciter un intérêt auprès des fans qui suivraient le tag du groupe, mais ça n’a malheureusement pas suscité beaucoup d’interêt. Je me demande bien comment fonctionne Twitter. Publier des photos sur Instagram suscite des réactions immédiates et attire des nouveaux followers, mais publier des choses sur Twitter ne m’apporte en général aucune ou très peu d’interactions visibles. Je vais certainement, une fois encore, abandonner complètement mes contributions sur ce réseau social. Je n’y tweete déjà plus les liens vers les nouveaux billets que je publie sur ce blog, mais Twitter m’est quand même très utile pour me tenir informé. Instagram m’inspire beaucoup plus car les photos que j’y vois, principalement publiées par des amateurs d’architecture tokyoïte, me donne des idées sur mes futures promenades urbaines.
Pour revenir à Tokyo Jihen, le groupe a ressorti récemment ses six albums en format vinyle. Je suis en fait plutôt content de ne pas faire la collection des vinyles car acheter des albums que je connais déjà me tente moyennement. On n’a pas de platine vinyle à la maison et ça ne correspond pas de toute façon à mon style d’écoute. Je me demande d’ailleurs si les personnes qui achètent ces vinyles vont vraiment les utiliser ou les garder dans leurs plastiques d’origine comme objet de collection. La vente de vinyles prend de plus en plus de place dans les magasins au profit d’ailleurs des CDs, au point où je me demande parfois si je ne devrais pas m’y mettre tout en me raisonnant assez rapidement. Je ne sais pas si c’est la maison de disques qui pousse à cela, mais je trouve que Tokyo Jihen exagère en ce moment sur les rééditions. Le 22 Décembre 2021, sortira un double CDs best-of du groupe intitulé Sōgō (総合) comprenant deux nouveaux morceaux et un DVD/Blu-ray intitulé Prime Time avec toutes les vidéos du groupe (28) et quelques bonus. J’ai déjà la plupart des morceaux et des vidéos sur des CDs et DVD/Blu-ray déjà sortis, et ça m’embête donc d’avoir à débourser pour seulement quelques morceaux supplémentaires. Cette technique de rajouter un ou deux morceaux inédits pour pousser à l’achat m’agace un peu. Il existe déjà le DVD/Blu-ray Golden Time avec toutes les vidéos du groupe jusqu’à leur séparation en 2012. Prime Time reprend donc toutes ces vidéos déjà sorties sur Golden Time et les trois-quatre supplémentaires sorties depuis la reformation du groupe. Je n’achète en général pas les best-off, mais c’est possible que je me laisse quand même tenter par le Blu-ray de Prime Time, car j’ai eu la bonne idée de ne pas m’être encore procuré Golden Time en occasion (J’ai par contre déjà tous les autres DVDs/Blu-ray de vidéos plus anciennes comme CS Channel mais pas toutes en format Blu-ray). Dans ma collection des CD/DVD/Blu-ray de Sheena Ringo et Tokyo Jihen, il ne me manque maintenant que le Blu-ray du concert Ringo Expo 14, si on exclut les compilations de morceaux existants ou les box regroupant des CDs déjà sortis… Sōgō et Prime Time sortiront également dans un format « package » particulier incluant une cassette audio et un lecteur cassette. J’ai un peu de mal à comprendre cet anachronisme. Mais pour rester sur une note positive, la sortie de ce best-of nous apportera tout de même deux nouveaux morceaux et on aurait tord de bouder notre plaisir, le groupe et Sheena sortant régulièrement de nouvelles choses. Je trouve également la couverture de ces best-of plus réussie que le design de l’album Music.
Pour continuer encore un peu sur Sheena Ringo, on aura la surprise de la voir présente à l’émission spéciale de Music Station le Vendredi 15 Octobre 2021. Elle n’interviendra pas en solo ou avec Tokyo Jihen mais avec une autre formation temporaire exclusivement féminine appelée Elopers. Cette formation se compose de Sheena, Yuu (ユウ, Yumi Nakashima) actuellement dans un groupe appelé Chirinuruwowaka (チリヌルヲワカ) mais auparavant dans GO!GO!7188, Shiori Sekine (関根史織) du groupe Base Ball Bear, Hona Ikoka (ほな・いこか) du groupe Gesu no Kiwami Otome (ゲスの極み乙女。) et AiNA The End (アイナ・ジ・エンド) de BiSH. Elles n’interprèteront pas un morceau inédit, mais le classique Gunjō Biyori (群青日和) de Tokyo Jihen (écrit par Sheena et composé par Hiizumi Masayuki). La grande surprise pour moi est la présence d’AiNA dans ce groupe. Depuis le temps que je mentionne ici l’influence de Sheena Ringo sur la musique solo de AiNA, c’est très satisfaisant de voir naitre ce genre de collaboration. Je me remémore toujours cette enquête de Ringohan demandant avec quel/quelle artiste on souhaiterait que Sheena Ringo collabore. Je me souviens avoir mentionné King Gnu et AiNA The End. Mes prévisions sont plutôt corrects: King Gnu était invité par Sheena il y a quelques mois à l’émission spéciale sur Tokyo Jihen de KanJam et AiNA maintenant pour cette émission spéciale de Music Station. L’autre surprise est de voir la participation de Yuu de feu GO!GO!7188 à cette formation. J’ai d’ailleurs ré-écouté leur album Tategami (鬣) au tout début de cette année. Lorsque j’avais découvert cet album en Mai 2003, j’avais déjà évoqué cette influence de Sheena Ringo sur la musique du groupe. En fait, les membres de cette formation s’étaient déjà réunis en Mai 2019, à l’exception d’AiNA, pour supporter Sheena Ringo et Atsushi Sakurai (櫻井敦司) de Buck-Tick pour l’interprétation dans une émission de Music Station du morceau Kakeochi-sha (駆け落ち者), d’ailleurs appelé Elopers dans son titre anglais. Ce morceau Elopers était présent sur l’album Sandokushi. Il s’agit donc d’une retrouvaille mais avec AiNA en membre supplémentaire et pour une formation exclusivement composée de filles. A ma connaissance, il s’agira de la première fois depuis Hatsuiku Status (発育ステータス), sur la tournée Gokiritsu Japon (御起立ジャポン) de Décembre 2000, que Sheena se produit sur scène avec un groupe exclusivement féminin. C’est assez bluffant de voir cette nouvelle collaboration arriver maintenant. Reste à voir ce que va donner le résultat sur un morceau certes archi-connu et pratiqué sur scène, mais je suis en tout cas très pressé de voir ça.