諸行無常~其ノ弐~

Musicalement parlant, je suis passé exclusivement en mode Ringo depuis le début de la semaine en réécoutant exclusivement les albums et certains concerts (Ultra C en particulier) de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen, pour essayer de conserver la rémanence (余韻) des moments vécus du concert. Mais plus les jours vont passer et plus ces souvenirs deviendront lointains, en attendant que des photos officielles soient enfin publiées de cette tournée Sheena Ringo to Aitsura to Shiru Shogyōmujō (椎名林檎と彼奴等と知る諸行無常). Je suis surpris de voir qu’aucune photo et très peu d’informations ont pu filtrer pendant les trois mois de cette tournée. Les fans sont certes protecteurs, ce n’est pas nouveau, mais je me suis même demandé s’il était explicitement demandé au public pendant les concerts de ne pas révéler d’informations sur son déroulement pour ne pas gâcher le plaisir des spectateurs des dates suivantes. Ce n’était pas le cas mais l’idée m’a tout de même effleurée.

Il est désormais presque 17h ce mardi 9 Mai 2023 et j’ai déjà fait le tour plusieurs fois des alentours du Hall A. Dans un coin de l’entrée, des bouquets de fleurs sont déposés. Certains sont offerts par des chaînes et émissions musicales télévisées, comme celle de la NHK, FNS, Music Station ou encore CDTV de la chaîne TBS. Le bouquet qui a le plus de succès est celui offert par Ado. A l’étage du grand Hall A, on peut également prendre des photos et se faire prendre en photo devant les grands panneaux marqués du nom de la tournée et couverts d’objets pixelisés qui sont des symboles souvent utilisés dans l’univers de Sheena Ringo. La plaque d’immatriculation わ417 fait par exemple référence au morceau Hashire wa Number (走れゎナンバー) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処) et au nom Shiina retranscrit en chiffre (Shi-i-na = 4-1-7). Le skate board est un objet recurrent que l’on revoit sur certains clips vidéo et concerts (un skate board avec une glace dessinée). Je ne suis pas certain de la raison exacte de l’utilisation du skate board et je ne pense pas que Ringo sache réellement en faire, mais le skate board me ramène personnellement à la musique rock alternative américaine de ma période adolescente, qu’elle appréciait également à cette époque. Elle continue et évolue encore maintenant, mais l’imagerie du skate board est à mon avis très ancrée à cette culture américaine des années 90. Cette culture me parle et m’intéresse car la musique qui y est attachée me plaisait beaucoup à cette époque là (et encore maintenant). L’avion pixelisé fait évidemment référence au morceau JL005 Bin de (JL005便で ~Flight JL005~). Le bateau de croisière me rappelle l’imagerie de la tournée Bon Voyage de Tokyo Jihen. Le symbole de la moto est par contre nouveau et mystérieux. Sheena conduisait bien un gros scooter Honda Fusion dans la vidéo du morceau WORK avec Millenium Parade, mais cette image est très différente. En fait, cette moto semble être associée au nouveau single Watashi ha Neko no Me (私は猫の目) qui sortira le 24 Mai 2023, avec Hisako Tabuchi (田渕ひさ子) de Number Girl à la guitare. La photographie promotionnelle de ce futur single montre en effet Sheena Ringo chevauchant une moto Yamaha la nuit devant la Tour de Tokyo illuminée. Inutile de préciser le modèle de cette moto Yamaha. Il s’agit bien entendu du modèle SR. Et cette tour de Tokyo illuminée en rouge en pleine nuit est aussi une image récurrente des vidéos réalisées par Yuichi Kodama pour Tokyo Jihen et Sheena Ringo. La tour joue souvent le rôle de trait d’union entre différentes vidéos pour créer un univers visuel cohérent. Le mystérieux symbole chimique utilisé comme logo sur les petits drapeaux et les grandes affiches du concert fait référence à un acide appelé acide malique. On peut d’abord se demander le pourquoi de l’utilisation de ce symbole chimique mais on apprendra très vite que l’acide malique se trouve naturellement dans les pommes et que son nom japonais n’est autre que Ringo-san (リンゴ酸 ou 林檎酸). Je le dis souvent, mais rien n’est laissé au hasard. Deux personnes du staff étaient présents devant les grands panneaux pour prendre les spectateurs en photo. Je me suis également fait prendre en photo pour garder un souvenir de ce moment mais je n’oserais pas montrer ces photos là sur ce blog.

Tout va ensuite très vite car on approche des 18h, l’heure d’ouverture de la salle. On doit former une file d’attente à l’extérieur mais personne ne sait vraiment où celle-ci doit commencer. D’autres personnes du staff indiquent soudainement que la file d’attente commencera au niveau de la dizaine de personnes placées devant moi. Rentrer rapidement dans la salle n’a pas beaucoup d’importance car les billets sont de toute façon déjà attribués à des places précises. Mais j’avais un intérêt à entrer rapidement car il me fallait acheter avant la rupture de stock le petit drapeau qui me manquait pour l’avoir oublié à la maison avec les lunettes 3D cartonnées qui l’accompagnent. La file d’attente d’une largeur de quatre personnes s’élargit ensuite à l’endroit où s’effectue le contrôle des billets, qui sont seulement électroniques. Pour mes concerts précédents, j’ai toujours préféré retirer un billet papier au convenience store près de chez moi pour garder un souvenir physique du concert, mais cette possibilité n’est pas offerte pour les concerts de Sheena Ringo et Tokyo Jihen. On nous demande de préparer son smartphone avec le billet électronique ouvert, prêt à être poinçonné électroniquement à notre entrée. Mais il nous faut attendre au moins 20 minutes en file indienne, c’est assez de temps pour s’imaginer toute sorte d’inquiétude. Et si mon billet électronique n’était pas reconnu par la machine? Rien de tout cela n’arrivera heureusement. J’aime d’ailleurs beaucoup le poinçon ajouté sur le billet électronique car il reprend le personnage de l’infirmière, image faite de caractères informatiques que l’on avait pu voir dès l’annonce de cette tournée. Ceci me rappelle de mentionner que j’ai aperçu au moins deux fans habillées en infirmières comme dans la vidéo du morceau emblématique Honnō (本能). A l’entrée, est donné à chacun un fyer au format A4 nous faisant part de la sortie du nouveau single Watashi ha Neko no Me (私は猫の目) comme je le mentionnais ci-dessus. L’arène s’ouvre désormais devant moi et je monte assez rapidement les escaliers jusqu’à la boutique de goods placée à l’étage. Mon intention était de seulement acheter le petit drapeau qui me manquait, mais je me fais piéger comme un débutant et me retrouve à acheter d’autres choses: la planche de stickers reprenant le titre et les symboles de cette tournée, le carnet goshuinchō avec son pochon et un t-shirt portant la désormais fameuse moto Yamaha SR pixelisée en surimpression. Tous ces achats sont bien entendu volontaires mais n’étaient pas initialement prévus. J’aime beaucoup le t-shirt, étant un ancien motard intrépide, car le nom de l’artiste n’y est pas clairement mentionné. Seuls ceux qui savent reconnaîtront. Quand au goshuinchō, je l’utiliserais volontiers quand mon carnet actuel sera terminé. Je ne suis bien sûr pas mécontent de ces achats. Après avoir grimper quelques autres escaliers, je rentre ensuite dans la grande salle du Hall A, le cœur léger et le petit drapeau dans mon sac. J’y rentre environ une heure avant le début alors qu’elle est encore pratiquement vide. Ce n’est pas la première fois que j’assiste à un concert dans cette salle. Je me souviens que l’acoustique y est bonne. Mes souvenirs s’effritent mais je me souviens avoir assisté à un concert classique dans cette salle une journée d’hiver alors qu’il neigeait sur Tokyo. On avait aussi assisté à un concert du groupe DISH à l’époque où ils débutaient et étaient loin d’être aussi connus que maintenant. Nous y étions allés car c’était aussi l’époque où Zoa faisait partie de cette même agence Stardust Promotion, qu’il a depuis quitté par manque d’intérêt.

Assis dans la salle au premier étage, j’observe les spectateurs qui la remplissent petit à petit, tout en dérangeant Nicolas sur la messagerie de mon smartphone. C’est devenu une habitude pour moi que de lui faire part en direct de mes impressions avant chaque concert. Pour un concert de Sheena Ringo, je n’ai pas pu m’en empêcher. La salle devient assez vite comble car l’heure du début du concert approche très vite. Vu qu’il était difficile d’obtenir des places pour ce concert, même en étant membre du fan club, je me dis qu’il n’y aura aucune place vide dans la salle. Une place à côté de moi est pourtant libre jusqu’à maintenant. Je pense que la grande majorité des places de cette tournée ont été vendues aux membres du fan club et les différents concerts ont été très vite complets. Une connaissance de Twitter, un anglais de passage au Japon exprès au moment des dates de Tokyo, me faisait par de l’impossibilité d’acheter des places, ayant été malchanceux au moment de la vente initiale des billets et n’ayant pas pu acheter un billet sur le système de revente. Le système de revente est très strict et encadré pour éviter le marché noir et la revente des billets à des prix excessifs. C’est une très bonne chose même si ça limite les possibilités d’acheter un billet. L’histoire de cette connaissance me fait un peu de peine car il a redoublé d’efforts pour essayer d’obtenir un billet à travers ce système. Un minimum de chance et une adhésion au fan club semblent faire partie des conditions nécessaires pour espérer obtenir un billet. En regardant autour de moi dans la salle qui se remplit vite et dans le hall auparavant, je pense d’ailleurs être le seul étranger dans la salle, ce qui m’étonne un peu. Enfin, il y a certainement des personnes venues d’Asie dans la salle. Alors que je me perds dans mes réflexions, ma voisine arrive finalement à sa place, un peu essoufflée. Nous discutons un peu avant que le concert ne commence. Elle me dit qu’elle vient du Kansai. J’imagine tout de suite qu’elle vient juste de sortir du Shinkansen à la gare de Tokyo et de courir jusqu’au Hall A du Forum. Elle me dit aussi que c’est la cinquième fois qu’elle assiste à un concert de cette tournée après Osaka, Fukuoka, entre autres. Je suis tout de suite impressionné et je lui en fais part. Voilà une fan ’hardcore’ qui n’hésite pas à parcourir tout le pays pour assister aux concerts de Sheena Ringo. Elle a pu acheter des billets grâce aux systèmes de revente de billets que je mentionnais juste avant. Elle est certainement très chanceuse, mais elle n’est pas la seule à assister à plusieurs concerts sur cette tournée, comme je peux le témoigner à travers le file Twitter des quelques fans que je suis attentivement. Il s’agit là d’un niveau de dédication qui dépasse de loin le mien, mais je respecte tout à fait cette obsession. Je la comprends même très bien. Ma voisine me dit aussi qu’elle a assisté a plusieurs autres tournées dont Hyakkiyakō 2015 (百鬼夜行) ou Bon Voyage de Tokyo Jihen, et de nombreuses autres. Elle s’excuse aussi par avance d’être émotive et par conséquent qu’elle sera très certainement en pleurs pour certains morceaux. J’ai pu noter en effet qu’elle portait de temps en temps ses mains au visage avec un mouchoir mais la voix de Sheena Ringo et le son grand format des instruments ne permettaient de tout façon pas d’entendre des sons éventuels de pleurs. Cette fan assise à côté de moi était en tout cas très sympathique et même si on ne se connaissait pas, j’avais le sentiment de bien la comprendre sur le sujet qui nous concernait pendant cette soirée là (A suivre).

諸行無常~其ノ壱~

Quelle drôle d’impression d’avoir enfin pu voir et écouter Sheena Ringo en concert. La place était réservée depuis plusieurs mois depuis la mise en vente des billets pour les membres du fan club Ringohan. La loterie m’avait permis d’acheter un billet pour le Mardi 9 Mai 2023, l’avant dernier jour de la tournée Sheena Ringo to Aitsura to Shiru Shogyōmujō (椎名林檎と彼奴等と知る諸行無常) qu’on pourrait traduire par Sheena Ringo et l’impermanence de toutes choses. Ce titrage correspond bien au nom qu’elle avait donné à ses deux tournées précédentes en 2018 et 2015, hors tournée du type Expo. En fait, comme il s’agit de la tournée de ses 25 ans de carrière, on aurait pu s’attendre à une tournée de type Expo (comme Expo 18), mais elle a préféré des salles plus petites et une tournée nationale dans tout le Japon, plutôt que des grands rassemblements dans des lieux de type Arena. Quand je mentionne des salles plus petites, c’est une façon de parler car ce sont des salles de 5000 personnes comme au Tokyo International Forum. La tournée a démarré le Vendredi 24 Février à Kawaguchi dans la préfecture de Saitama pour se terminer les 9 et 10 Mai 2023 au Tokyo International Forum (2 dates), en passant par Fukuoka (2 dates), Sendai (2 dates), pour revenir à Tokyo au Bunkamura à Shibuya (3 dates), et répartir pour Sapporo (2 dates), Osaka (2 dates), Hiroshima (2 dates), Nagoya (2 dates), Kobe (2 dates) et Kanagawa (2 dates). La dernière journée de spectacle qu’on appelle Senshūraku (千秋楽) se déroulait donc au Tokyo International Forum le 10 Mai 2023. Il s’agissait donc d’une longue tournée de 22 dates pour 11 salles différentes aux quatre coins du pays, durant pratiquement 3 mois. Cela faisait 5 ans qu’elle n’avait pas fait de tournée en solo, après la tournée News Flash de Tokyo Jihen en 2020, en partie annulée en raison de la crise sanitaire naissante. Cette année là, j’avais malheureusement annulé ma place pour une des premières dates à Tokyo car les incertitudes de cette crise étaient particulièrement anxiogènes à cette époque. Ce concert du 9 Mai 2023 était donc la première fois pour moi (初生林檎).

Ma principale crainte était de tomber malade pendant les jours précédents le concert et de ne pas être en mesure d’y assister. Ce ne fut heureusement pas le cas. Il faut dire que j’attendais ce concert avec une impatience certaine depuis plusieurs années. J’avais d’ailleurs pris une journée de congé et, ayant un peu de temps le matin, je me suis demandé comment j’allais me préparer mentalement (façon de parler) à cet événement musical. Je me suis décidé à aller faire un tour sur le lieu du tournage de la vidéo d’un de ses premiers singles Koko de kiss shite (ここでキスして。), par lequel j’ai découvert la musique de Sheena Ringo en 1999. Il s’agit en fait du lieu du tournage de la version alternative de la vidéo de Koko de kiss shite qui est présente sur le DVD Seiteki Healing Sono Ichi (性的ヒーリング~其ノ壱~). Sur un billet de Février 2021 où j’étais allé sur les lieux du tournage de Kabukichō no Jōo (歌舞伎町の女王), je m’étais demandé à l’époque dans quelle banlieue de Tokyo cette vidéo alternative avait été tournée. Je n’ai trouvé ma réponse que récemment grâce à un compte Twitter que je suis depuis quelques temps. Il s’agit du complexe d’appartements Hamune (はむね団地) situé entre la station Kokuryō (国領), près de Chōfu, et la rivière Tamagawa. On y reconnaît une grande tour servant de château d’eau près d’un parc avec des balançoires et d’autres jeux pour enfants. A quelques dizaines de mètres seulement de ce parc, se trouve un collège et son terrain de sport que Sheena Ringo longe pendant une partie de la vidéo. J’avais encore assez clairement les images de cette vidéo en tête mais je la regarde une nouvelle fois sur place, assis sur un banc du parc vide, pour essayer de faire correspondre au mieux mes photos avec les scènes de la vidéo. Je suis content de retrouver la balançoire devant un petit muret de briques qui apparaît plusieurs fois dans la vidéo. La partie principale de la vidéo Koko de kiss shite et de sa version alternative où Sheena joue avec son groupe devant une haie verte ponctuée de roses rouges n’a par contre pas été tournée à cet endroit. Il me reste encore beaucoup de lieux de tournage à découvrir autour de Tokyo, comme la forêt de bambous de la ferme de Wakayama (若竹の杜 若山農場), dans la préfecture de Tochigi, utilisée dans la vidéo de Irohanihoheto (いろはにほへと).

A mon retour de Kokuryō, il ne me reste que peu de temps pour me mettre en route vers le Tokyo International Forum. Je me suis décidé d’y aller en vélo. Mari me demande de passer par le sanctuaire d’Atago qui est sur le chemin, pour y récupérer le sceau goshuin, car cette journée là du 9 Mai est une journée faste. Je ne pose pas beaucoup de questions car ça me paraît de toute façon de bonne augure d’avoir un goshuin correspondant au jour du concert. Rappelons que dans les goods de certaines tournées de Sheena Ringo, on trouve des carnets goshuinchō vierges, et c’est notamment le cas de cette tournée. C’est une idée très particulière et assez unique, je pense. J’imagine bien qu’elle doit elle-même collectionner les sceaux des sanctuaires et temples. Dans ma précipitation, je ne retrouve plus le grand escalier du sanctuaire d’Atago, car je l’imaginais entre les deux tours du complexe Mori composé d’une tour de bureaux et d’une tour d’habitation, modèle en quelque sorte précurseur d’autres complexes comme celui de Roppongi Hills. L’escalier se trouve en fait à quelques mètres à côté du complexe. Le sanctuaire d’Atago est vraiment agréable, car il est perché en haut d’une colline boisée avec un petit étang. Il ne faudra que quelques minutes pour qu’on me prépare le goshuin. Il s’agit peut-être du plus simple visuellement que j’ai dans mes carnets. J’ai d’abord l’impression que la date du jour n’est pas indiquée mais le mois de Mai est en fait mentionné avec le kanji Satsuki (皐月) qui est le nom employé dans le calendrier lunaire. Une des théories sur l’emploi de ce nom pour le mois de Mai est qu’il a été abrégé de ’Sanaetsuki’ (早苗月) qui correspond au mois de la plantation du riz.

Je ne m’attarde pas beaucoup plus car il faut maintenant rejoindre le Tokyo International Forum (東京国際フォーラム) après avoir stationné le vélo près de la gare de Yurakuchō. Je suis loin d’être en retard car j’arrive sur les lieux vers 16h soit deux heures avant l’ouverture des portes. Le concert démarre lui à 19h. Je voulais arriver tôt pour voir à quoi ressemblait les fans. Plus j’approche de l’entrée du Hall A où se déroulera le concert, plus je vois de personnes portant des t-shirts, et autres vêtements ou casquettes estampillées des logos de Sheena Ringo et Tokyo Jihen. De très nombreux goods ont été créés et mis en vente au fur et à mesure des tournées des 25 années de carrière de Sheena Ringo. Certaines et certains ont un talent véritable pour s’habiller de manière remarquable aux couleurs de l’artiste et du groupe. Je me doutais bien que je verrais de nombreux fans particulièrement inspirés, comme une certaine Hitomi que je suis sur Twitter depuis quelques temps et qu’on remarque tout de suite dans le Hall A. Elle n’est pas la seule en kimono ou yutaka, mais je remarque qu’elle est particulièrement inventive dans son style vestimentaire en partie fait maison, jusqu’au bout des ongles (elle est apparemment nailiste à Utsunomiya, ceci expliquant cela). C’est un vrai plaisir de voir tous ces fans et ça nous met en condition avant le début du concert. Je suis personnellement resté sobre, avec seulement mon pins Ringhan de troisième année épinglé au col, mais je suis heureusement loin d’être le seul. Les petits drapeaux avec le logo de la tournée sont aussi de sortie. J’ai acheté le mien sur internet il y a quelques semaines mais je me rends compte seulement maintenant que je viens de l’oublier à la maison. Je râle souvent sur mon fiston de ses oublis nombreux mais je sais très bien de qui il tient. Le drapeau est un accessoire indispensable pour le concert, peut-être pourrais-je en acheter un autre avant le début du concert. Les portes de la boutique de goods sont bien ouvertes mais on me dit que c’est réservé aux personnes qui ont commandé à l’avance par internet. Cette boutique sera ouverte à tous à partir de 18h. Attendons encore un peu et ouvrons grands les yeux en attendant (A suivre).

東京で一番美しいロックバンドだった

C’était le plus beau groupe de rock de Tokyo (東京で一番美しいロックバンドだった). J’ai vu écrite cette phrase à de nombreuses reprises sur Twitter après le dernier concert du groupe For Tracy Hyde (FTH) le Samedi soir 25 Mars 2023 dans la salle WWWX près du PARCO à Shibuya. Je l’ai aussi repris sur mon message Twitter après l’avoir vu écrite sur le compte Twitter de Yua Uchiyama (内山結愛) du groupe RAY pour lequel écrivent notamment Azusa Suga et Mav, respectivement compositeurs, guitariste et bassiste de FTH. Je voulais également rendre hommage à un excellent groupe de rock indépendant qu’il est bien dommage de voir partir. J’ai toujours considéré For Tracy Hyde (FTH) comme les chefs de file de ce rock indépendant tokyoïte penchant très fortement sur les ambiances shoegazing que j’aime tant. FTH s’inscrit très bien dans la lignée de grands groupes des années 1990 comme Ride, dont le leader Mark Gardener a d’ailleurs mixé le dernier album Hotel Insomnia, comme en quelques sortes un passage de relai. Autre détail intéressant, le leader et guitariste de FTH, Azusa Suga, portait sur scène un t-shirt de Lush, autre groupe important du shoegazing anglais de cette époque là.

Peu après la sortie de l’album Hotel Insomnia, leur meilleur album à mon avis, on avait été surpris d’apprendre l’intention du groupe de se séparer. Ça m’avait notamment pousser à aller les voir lors d’un mini-live au magasin Tower Records de Shibuya le Samedi 21 Janvier 2023, en pensant que ça serait la dernière fois que je pourrais les voir. J’avais tout de même tenté d’acheter une place pour leur dernier concert du 25 Mars à Shibuya. Il n’était par chance pas encore complet à ce moment là. Comme j’ai acheté ma place un peu tard en Janvier, j’étais placé vers le fond de la salle mais ça ne m’a bien sûr pas empêché de voir le groupe sur scène et d’apprécier pleinement la qualité musicale de ses compositions. Au fur à mesure des albums, j’ai appris à apprécier pleinement la voix d’Eureka qui s’inscrit vraiment très bien dans les musiques de ce dernier album. Sa voix y est par moment pénétrante. Pendant le concert, 19 morceaux ont été interprétés dont la quasi-totalité d’Hotel Insomnia dans l’ordre, ou presque. Vers le milieu du concert, ils sont revenus vers quelques morceaux plus anciens des albums précédents comme New Young City, Ethernity et Film Bleu, leur premier album. Ils n’ont par contre pas interprété de morceaux de leur deuxième album he(r)art de 2017 qui est celui par lequel j’ai découvert le groupe.

Azusa Suga s’est adressé plusieurs fois à la foule dans la salle et sur YouTube car le concert était retransmis gratuitement en direct. FTH a eu la bonne idée de maintenir le concert sur YouTube, ce qui fait qu’il y est toujours disponible en intégralité. On ne saura pas les raisons exactes de la séparation du groupe mais chaque membre nous a expliqué leurs projets musicaux futurs. Je pense que FTH devait arriver à une période de maturité où les évolutions futures devenaient moins claires. C’est dommage car un morceau comme House Of Mirrors sur Hotel Insomnia, assez différent du reste de l’album par son rythme plus pop et son passage hip-hop, était une direction très intéressante qui s’est révélée puissante pendant le concert. Eureka s’y est montrée beaucoup plus gestuelle, alors qu’elle se montre plutôt réservée sur scène. Sa voix est bien sûr omniprésente sur pratiquement tous les morceaux, sauf Sirens interprété seulement par Azusa Suga, mais elle parle très peu pendant les courts intermèdes avec le public. Azusa Suga lui fait d’ailleurs une gentille petite remarque sur le fait qu’elle était censée prendre la parole un peu plus tôt pendant le concert. Mais FTH est un groupe indé, d’autant plus de shoegazing, donc pas censé s’attarder à distraire les foules. On sent quand même qu’Azusa Suga voudrait que le public soit plus démonstratif, comme un public étranger par exemple. Il parle très bien anglais et nous a fait part de son regret de ne pas avoir tourné plus à l’étranger. Le public japonais se montre bien présent mais les modes d’expression sont différents, d’autant plus que l’on vient de sortir de la crise sanitaire. Il est maintenant autorisé de pousser la voix, ce qui est tout de même une bonne chose et la foule ne s’en est pas privée. La concert a duré environ deux heures qui ont passé trop vite, malgré les deux rappels. Vers la fin du concert, le groupe a posé devant le public pour une photo souvenir. J’arrive d’ailleurs à m’apercevoir vers le fond de la salle sur la gauche (pour ceux qui peuvent me reconnaître).

Musicalement, le concert était proche des versions présentes sur les albums avec des démarrages et fins de morceaux parfois différents ou plus longs. Le public était très varié avec une majorité masculine, par rapport à des groupes comme Tricot par exemple. J’ai tendance à penser que FTH s’adresse aux Otakus de la musique indé shoegaze, ceux qui sont intransigeants sur la qualité de ce son rock. On sent qu’Azusa Suga est lui-même intransigeant sur la qualité des morceaux qu’il compose et nous dit même assez directement pendant le concert qu’il pense que certains morceaux sont meilleurs que d’autres. Ça fait toujours sourire le public car on est tous bien convaincu de la qualité de la musique qu’on est venu écouter ce soir. Je me reconnais plutôt bien dans ce public intransigeant, même si dans l’ensemble la moyenne d’âge devait être d’une dizaine d’années inférieure à mon âge. Ceci n’a de toute façon pas beaucoup d’importance. Ce concert était également l’occasion pour moi de rentrer à l’intérieur de l’ancien cinéma Rise conçu par l’architecte Atsushi Kitagawara, que j’ai maintes fois pris en photo de l’extérieur. En rentrant du concert à pieds, je réécoute une nouvelle fois l’album Hotel Insomnia de For Tracy Hyde pour faire durer un peu plus l’ambiance. Il faut vraiment que je continue à régulièrement assister à ce genre de concert, c’est un des enseignements que je tire de la crise sanitaire. Il faudrait même que je crée une catégorie Live report sur le blog. Et le mois prochain, ça sera le concert de Sheena Ringo. Mais en attendant, j’ré-écoute l’excellent album Spooky (1992) de Lush (j’avais un peu oublié la beauté de cet album) en écrivant ce petit compte-rendu de concert. Les photos ci-dessus sont les miennes (elles étaient autorisées pendant le concert), sauf les quatre dernières disponibles sur le compte Twitter du groupe et que je permets de montrer ici pour garder une trace de ce beau moment musical. Le concert est également disponible sur YouTube sur le compte du groupe, comme mentionné auparavant.

Pour référence ultérieure, ci-dessous est la setlist du concert final de For Tracy Hyde du 25 Mars 3023 au Shibuya WWWX:

1. Undulate, de l’album Hotel Insomnia
2. The First Time (Is The Last Time), de l’album Hotel Insomnia
3. Kodiak, de l’album Hotel Insomnia
4. Lungs, de l’album Hotel Insomnia
5. Estuary, de l’album Hotel Insomnia
6. Friends, de l’album Hotel Insomnia
7. Tsunagu Hi no Ao (繋ぐ日の青), de l’album New Young City
8. Kimi ni shite Haru wo Omou (君にして春を想う), de l’album New Young City
9. Sakura no En (櫻の園), de l’album New Young City
10. Interdependence Day – Part I, de l’album Ethernity
11. Heavenly (ヘヴンリイ), de l’album Ethernity
12. Sister Carrie, de l’album Ethernity
13. House Of Mirrors, de l’album Hotel Insomnia
14. Sirens, de l’album Hotel Insomnia
15. Milkshake, de l’album Hotel Insomnia
16. Subway Station Revelation, de l’album Hotel Insomnia
17. Leave The Planet, de l’album Hotel Insomnia
18. Can Little Birds Remember?, de l’album New Young City
19. Her Sarah Records Collection, de l’album Film Bleu

不出来ではないか

J’attendais ce concert de Tricot (トリコ) depuis un petit moment car j’avais acheté mon billet depuis déjà plusieurs mois, quelques jours après l’ouverture du guichet internet. C’était une bonne idée d’acheter son billet tôt car l’ordre d’entrée dans la salle où le concert avait lieu semblait dépendre du moment où on avait acheté sa place. Le concert se déroulait dans la salle LIQUIDROOM à Ebisu, au pied du carrefour de Shibuyabashi le long de l’avenue Meiji. Je suis bien passé des centaines de fois devant cette salle sans jamais y être entré. Cette date à Tokyo le dimanche 12 Février 2023 à partir 17:30 était le final d’une tournée nationale de 6 dates intitulée Zang-Neng tour 2023. Je comprends ce nom de tournée Zang-Neng comme étant dérivé du mot Zannen (ざんねん) qui veut dire « dommage! ». Ce nom de tournée fait en fait écho au nom du dernier album de Tricot intitulé Fudeki (不出来), qu’on peut traduire par « imparfait » ou « infructueux ». Ce nom d’album est volontairement l’opposé du nom de l’album précédent Jōdeki (上出来) qui signifie « Excellent ». Avec ce nom de tournée et d’album, on pouvait légitimement se demander quelle direction prendrait le concert. Mais connaissant très bien l’esprit joueur d’Ikkyu Nakajima, je n’étais pas vraiment inquiet quant au résultat final. Il est clair que, contre toute attente, l’ambiance du dernier album était moins pop que le précédent, allant même vers des ambiances expérimentales et bruitistes sur certains morceaux. Ikkyu a pris plusieurs fois la parole pendant le concert et a notamment fait part de sa joie et satisfaction de voir autant de monde dans la salle malgré cette approche plus ‘bizarre’, pour reprendre ses propres mots. Le public de Tricot est clairement prêt à les suivre dans toutes leurs explorations sonores, pour la simple et bonne raison qu’elles et il excellent dans l’exécution de leurs morceaux tout en conservant un esprit qui leur est bien particulier. La technique est clairement un atout du groupe, que ça soit la guitare imprévisible de Motifour Kida, la voix pleine d’ondulations et qui sait prendre de la puissance d’Ikkyu Nakajima, la basse enveloppante d’Hiromi Hirohiro et la batterie de Yusuke Yoshida qui vient cimenté l’ensemble. Et cette batterie m’a impressionné car chacun de ses coups semblait faire trembler le sol de la salle de concert. J’avais comme l’impression qu’un fort coup de vent venait me passer entre les pieds à chaque percussion. C’est une sensation étrange certainement dû à la configuration de la salle, mais il n’en reste pas moins que le jeu de Yusuke Yoshida ne manque pas de puissance et de dextérité.

J’étais plutôt bien placé près de la scène à la quatrième ou cinquième rangée bien que celles-ci ne soient pas clairement définies car on était tous debout dans la fosse. Je me suis volontairement placé légèrement sur la droite car je sais que c’est l’emplacement typique d’Ikkyu sur scène. Avant d’entrée dans la salle de concert se trouvant au rez-de-chaussée, il nous faut d’abord monter à l’étage pour attendre notre tour. On nous appelle de manière très organisée, des blocs A , B puis C dans l’ordre des numéros de nos billets. Mon numéro était A108 et l’attente était relativement courte et m’a permis de bien me placer avant que le concert démarre. Il faudra bien ensuite attendre une trentaine de minutes en musique avant que les lumières s’éteignent et que le groupe prenne place sur scène. Le concert dura presque deux heures pour 19 morceaux joués et quelques moments où le groupe, principalement Ikkyu en fait, s’adressait au public. Tous les morceaux du nouvel album Fudeki faisaient partie de la playlist sauf le morceau Endroll ni Maniau Youni (エンドロールに間に合うように) qui était le premier single de l’album déjà sorti et joué au moment de la tournée précédente Walking x Walking de 2022 auquel j’avais déjà assisté à Toyosu PIT. Le concert commence par Mozōshi Hideki-chan (模造紙ヒデキちゃん), le premier morceau de l’album Fudeki, mais il est très modifié et tout aussi expérimental que la version de l’album. Ikkyu entre d’abord sur scène avec sa guitare et manipule un répéteur de sons qui construit une ambiance sonore étrange. Les morceaux s’enchainent ensuite assez vite avec Android (アンドロイド) et Jōdan kentei (冗談検定). Tricot revient parfois vers des morceaux plus anciens comme Right Brain Left Brain (右脳左脳) et Himitsu (秘密) de l’album Makkuro et WARP de l’album 10. Le public réagit très énergiquement, ce qui change de l’ambiance plus calme de l’année dernière en raison des contraintes de la crise sanitaire. Il semble maintenant autorisé de pousser un peu de la voix pour encourager le groupe et exprimer sa joie d’être là. Ikkyu exprime clairement sa satisfaction de retrouver des conditions plus normales où les réactions du public peuvent se faire plus franche, n’étant pas limitée aux simples applaudissements. Ochansensu-Su (おちゃんせんすぅす) du premier album THE est un des morceaux emblématiques du groupe et c’est également celui que le groupe choisit pour s’amuser, en faisant des arrêts et redémarrages soudainement, prenant des pauses bizarres sur scène en marchant au ralenti. Ikkyu s’est décidé pendant ce morceau à effectuer un petit jeu avec les autres membres du groupe pendant ce morceau. Elle déroule sur sa guitare des accords atypiques et demande d’abord à Motifour Kida de l’imiter à la guitare. Viennent ensuite le tour d’Hiromi à la basse et Yusuke à la batterie. Ils arrivent tous très bien à prendre le rythme imprévisible d’Ikkyu comme si elles et il pouvaient prévoir son jeu. Dans le passage de MC qui suit ce petit jeu qui a fait sourire, Ikkyu exprime d’ailleurs sa joie d’être dans un groupe qui se comprend si bien. C’est vrai qu’ils ont l’air très soudé. Elle s’excuse également au nom du groupe d’avoir joué une version complètement décousue et différente de l’album de ce morceau Ochansensu-Su qui est pourtant reconnu comme étant le préféré des fans. Mais là est peut-être le sens du mot Fudeki qui est la ligne directrice de ce concert. Ikkyu parle la plupart du temps mais la sempai Kida lui retourne souvent des piques pleines d’humour. Hiromi est toujours très souriante. Elle ne parle pratiquement jamais devant le public mais exprime très bien avec son grand sourire son plaisir d’être sur scène. En la regardant jouer de la basse sur scène, comme emportée par le rythme des morceaux, me vient parfois l’envie d’être à sa place. Kida est toujours très dynamique sur scène, sautant souvent sur place et se déplaçant au tout devant de la scène pour voler la vedette à Ikkyu et attraper l’attention du public qui lui rend bien. Tout ceci est extrêmement bon enfant, et on ressent très bien la bonne entente qui reigne dans la groupe. C’est très communicatif. Yusuke Yoshida à la batterie est beaucoup plus stoïque, concentré sur son jeu. Il est arrivé plus tard dans la formation mais en fait désormais partie de manière intégrante. C’est une très bonne chose car le jeu de Yoshida est également un atout majeur de Tricot. Son jeu sait pleinement s’adapter à la complexité du match rock. En fait, Tricot ne se limite pas qu’au match rock et mélange les genres, notamment sur ce dernier album qui part même vers le rock alternatif grunge des années 90 (un son que j’aime particulièrement).

Le morceau Kujira (鯨) de l’album Fudeki m’a particulièrement impressionné. Il s’agit d’un des morceaux que je préfère sur le dernier album mais il prend une autre dimension pendant ce concert grâce à la voix d’Ikkyu qui atteint des sommets de puissance et me donnent des frissons. Ikkyu est capable vocalement de sensibilités variées et la mélancolie qu’elle transmet sur ce morceau est particulièrement poignante. Le public l’écoute avec attention. Il y a trois morceaux joués en rappels. Le dernier était le morceau éponyme de l’album Fudeki (celui aux ambiances de rock alternatif américain). Il se termine sur des nappes de bruit sur l’album et elles sont décuplées ici pendant le concert. Motifour Kida se roule même par terre avec sa guitare et fait durer le son tout en distorsion. Pendant ce temps là, Yusuke Yoshida se déchaîne sur sa batterie au point de faire tomber une des caisses. On sent qu’il se pousse à bout pour la dernière de cette tournée et me viennent même en tête tout d’un coup des images de Yoshiki jouant à l’extrême jusqu’à se blesser (ce qui arrivait régulièrement). Ils ont tous les deux un physique d’apparence frêle qui ne laisse pas présager la puissance de frappe et l’endurance dont ils sont capables. Lorsqu’il quitte la scène, à bout de force, on le voit marcher en se tenant à peine debout. Kida continue pendant ce temps ses expérimentations bruitistes alors que les autres membres sont déjà sortis depuis quelques temps. Elle est à terre, tentant d’extraire les derniers sons de sa guitare. Le public est impressionné. C’était un moment très fort qui conclut bien ce concert car l’ambiance qui s’en dégage correspond, encore une fois, bien à l’idée du mot Fudeki. Ikkyu disait au public qu’il fallait être bizarre pour apprécier cette musique et qu’elle était très heureuse d’avoir cette réception du public, se sentant elle-même atypique. C’est bien entendu cette approche atypique qu’on aime chez Tricot et on en redemande.

Ikkyu dit à chaque fois qu’il faut qu’elle parle moins pendant les passages de MC, mais elle ne peut s’empêcher de donner des anecdotes. Elle nous parle cette fois-ci si d’une vidéo qu’elle avait publié sur sa chaîne YouTube Ouchide Naka-chan! (お家でなかちゃん!) montrant son appartement et nous fait part d’un commentaire qui l’avait particulièrement amusé de quelqu’un lui faisant remarquer que son appartement était mal rangé et devait par conséquence sentir mauvais (汚ない、臭そう). Elle insiste d’ailleurs sur le fait qu’elle aime beaucoup ce type de commentaires, bien entendu écrits sur un ton humoristique. Là est encore le sens de Fudeki! Les finales de tournée sont également le moment privilégié pour faire des annonces. Cette fois-ci, Tricot annonce le nom du groupe qui partagera l’affiche du prochain concert à Osaka au Gorilla Hall (les noms de salles sont bizarres à Osaka – je me souviens que Miyuna jouait au Banana Hall l’année dernière). Il s’agit du groupe Genie High (ジェニーハイ), dans lequel, comme par hasard, Ikkyu est la chanteuse avec la bande d’Enon Kawatani. Ikkyu s’amuse à nous dire qu’il s’agira d’une soirée spéciale Naka-chan (son véritable surnom dans le groupe), ce qui tombe très bien car la date du concert est proche de son anniversaire. Le petit passage amusant est que l’anniversaire de la bassiste Hiromi est également très proche, mais Ikkyu prend le soin de nous préciser que ce concert sera seulement à son honneur et qu’il fallait oublier un peu Hiromi. Ce petit passage est évidemment teinté d’humour et à fait réagir le public. Dans mon petit message de remerciements au groupe sur Twitter pour ce concert, je n’ai pu m’empêcher d’ajouter un petit message en la faveur d’Hiromi. Le groupe a dû lire ce message car il a aimé mon tweet (Yeah!). Le concert a duré presque deux heures mais m’a donné l’impression d’être un peu trop court. On a un peu de mal à sortir de la salle. En regardant sur Instagram et Twitter les messages de personnes ayant assistées au concert, je suis surpris d’apprendre que DAOKO (ダヲコ) était également présente dans la salle. J’y avais pensé pendant une minute, car on voit régulièrement DAOKO et Ikkyu ensemble sur Instagram à l’occasion d’événements ce qui me fait dire qu’elles sont très amies. Je ne l’ai bien sûr pas vu dans la salle et je me demande même comment elle pouvait passer inaperçue. Je ne pense pas être le seul à apprécier à la fois Tricot et DAOKO. Je ne suis par contre pas surpris d’apprendre que le designer Masamichi Katayama (片山正通) de l’agence Wonderwall était également dans la salle, car il avait déjà assisté à la tournée précédente et il déborde de superlatifs sur le groupe. Ils nous dit sur son compte Instagram : « The band « tricot » has a tremendous groove that gets me every time! The flow of the live performance, which is so well calculated that it seems like they are innocently enjoying the music, and the ensemble of four crazy techs who are like a skilled jam band, are truly a national treasure. « tricot » is so great!!!« . 国宝ですよ! Ces connections apporteront peut-être un jour une collaboration avec Ichiro Yamaguchi (山口一郎) de Sakanaction (サカナクション), qui sait.

Les quelques photos en tête du billet « rapport de concert » sont les miennes. Celles en petit format sont tirées du compte Twitter de Tricot. Je note ci-dessous la playlist de ce concert de la tournée Zang-Neng tour 2023 au LIQUIDROOM le 12 Février 2023, pour référence ultérieure.

1. Mozōshi Hideki-chan (模造紙ヒデキちゃん), de l’album Fudeki (不出来)
2. Android (アンドロイド), de l’album Fudeki (不出来)
3. Jōdan kentei (冗談検定), de l’album Fudeki (不出来)
4. Omotenashi (おもてなし), de l’album THE
5. Right Brain Left Brain (右脳左脳), de l’album Makkuro (真っ黒)
6. Anamein (アナメイン), du EP Bakuretsu Tricot San (爆裂トリコさん)
7. Ochansensu-Su (おちゃんせんすぅす), de l’album THE
8. WARP, de l’album 10
9. #Achoi (#アチョイ), de l’album Fudeki (不出来)
10. OOOL, de l’album Fudeki (不出来)
11. crumb, de l’album Fudeki (不出来)
12. Himitsu (秘密), de l’album Makkuro (真っ黒)
13. Kujira (鯨), de l’album Fudeki (不出来)
14. Sthenno (ステンノー), de l’album Fudeki (不出来)
15. Afureru (あふれる), de l’album Makkuro (真っ黒)
16. Aquarium (アクアリウム), de l’album Fudeki (不出来)
17. (Rappels) POOL, de l’album THE
18. (Rappels) Fudeki (不出来), de l’album Fudeki (不出来)
19. (Rappels) Jōdeki ~Fudeki Remix~ (上出来 – 不出来Remix), de l’album Fudeki (不出来)

余韻から抜け出したくない

未完成のまま、今日をゆく。Cette courte phrase énigmatique que j’essaie de traduire en « Même inachevée en tant qu’être, je vais de l’avant aujourd’hui » provient de l’affiche publicitaire du grand magasin LUMINE pour la saison Hiver 2022. Cette affiche est montrée au dessus de la sortie Sud de la gare de Shinjuku. Je ne sais pas qui en est le publicitaire mais je suis toujours très curieux de ces affiches montrant des messages qui ne sont pas facilement compréhensibles. J’aime aussi leur qualité photographique et les couleurs vives qui s’en dégagent. Le photographe s’appelle Toshio Ohno (大野隼男), et bien que je ne le connaissais pas de nom, je connaissais au moins certaines de ses photographies, notamment celles des pochettes de couverture des albums de Fuji Kaze, certaines photos d’Aimyon ou la photo du dernier album de Yama. La jeune modèle qui pose sur cette affiche s’appelle Karen Amano (天野翔愛). Sur la photo que le photographe montre sur son compte Instagram, il s’était en fait trompé en donnant le nom de Rina Komiyama (小宮山莉渚) dans les credits pour cette photo. Rina Komiyama avait en fait posée pour l’affiche de la saison Automne 2022 de LUMINE également prise en photo par Toshio Ohno. Le photographe a apparemment fait l’erreur de recopier les crédits d’une photo à l’autre sur Instagram. Je lui ai fait remarquer dans les commentaires de sa photo sur Instagram et il a gentiment corrigé. Bref, tout cela pour dire que j’aurais préféré que ça soit Rina Komiyama car j’y aurais vu un lien très intéressant avec la musique qui va suivre. En effet, Rina Komiyama a joué dans un film intitulé Shōjo ha Sotsugyō shinai (少女は卒業しない) du réalisateur Shun Nakagawa (中川駿) qui sortira le 23 Février 2023 et pour lequel Miyuna (みゆな) a composé et écrit le morceau thème.

Après l’intermède végétal rouge aperçu au bord d’une rue tokyoïte, je montre une photographie du petit bâtiment de béton de la galerie TOM (ギャラリーTOM) dans le quartier de Shōtō à Shibuya. D’après Wikipedia, cette galerie date de 1984 et serait la première réalisation de l’architecte Hiroshi Naito (内藤廣) dont je parlais justement dans le billet précédent pour son sublime hall Kioi Seidō. J’aime beaucoup les halos de lumière qui se dégagent de cette photographie. Il faudrait que je fasse une série de photos avec ce genre de lumière car je vois quelque chose de très revivifiant à saisir des extraits de soleil en photo.

Le concert de Miyuna (みゆな) était tout simplement inoubliable! Je m’excuse par avance auprès de mes lecteurs (qui ne se plaignent jamais de toute façon) car je vais très certainement à l’avenir souvent parler de Miyuna sur ces pages. Son tour appelé TOUR 2022 GUIDANCE (みゆな TOUR 2022 -ガイダンス-) pour la sortie de son premier album Guidance (ガイダンス), que j’évoquais déjà dans un précédent billet, se composait de deux dates, une à Osaka le 4 Novembre et une à Tokyo le 15 Novembre 2022. Je suis donc allé voir Miyuna et son groupe pour ce concert à Tokyo, qui se déroulait dans la Live House Shibuya Club Quattro. Cette salle se trouve dans le prolongement de Center Gai dans le quartier d’Udagawachō que je connais très bien car le magasin Disk Union se trouve juste à côté. La salle se trouve au quatrième et cinquième étages d’un immeuble assez récent. Le nom Club Quattro vient du fait qu’il s’agissait de la quatrième annexe du Department Store PARCO. Il y a quatre autres Club Quattro au Japon: deux à Osaka, un à Nagoya et un à Hiroshima. Le Club Quattro de Shibuya était le premier à ouvrir ses portes en Juin 1988. Je suis souvent passé devant l’entrée de cette salle pour faire le curieux en regardant le programme affiché à l’extérieur, mais je n’avais jamais assisté à un concert. La salle, de taille moyenne, peut accueillir 750 personnes débout, mais en cette période de crise sanitaire qui n’en finit pas, je pense que la capacité réelle est plus limitée. La salle était pleine mais on pouvait apparemment encore acheter un billet le soir même.

J’ai beaucoup écouté l’album Guidance de Miyuna ces dernières semaines car je ne m’en lasse pas et je pense qu’il s’agit de l’album que je préfère de cette année. Certainement parce qu’il mélange une atmosphère rock familière avec des terrains plus pop extrêmement rafraîchissants, tout en ayant une capacité forte à émouvoir. La voix et la manière de chanter de Miyuna y sont pour beaucoup mais elle était très bien entourée lors de cette petite tournée par des musiciens qui n’hésitaient pas à se laisser emporter par l’enthousiasme des morceaux. C’était notamment le cas du guitariste Tetsu Kinoshita (木下哲) qui terminait volontiers certains morceaux du live par des solo tumultueux à tendance bruitiste. Miyuna était également accompagnée par Keisaku Nakamura (中村圭作) aux claviers, Shige Murata (村田シゲ) à la basse et Takashi Kashikura (柏倉隆史) à la batterie. Il s’agissait d’une formation rock très axée sur les guitares, car Miyuna en jouait également sur certains morceaux. Avant d’entrer dans la salle, je me suis demandé quel genre de public venait voir Miyuna, et j’ai été assez surpris par la diversité. J’arrive juste à l’heure pour l’ouverture à 18h15, ce qui était bienvenu car l’entrée dans la salle de concert est très organisée pour éviter les bousculades éventuelles. On attend sagement son numéro au quatrième étage pour pouvoir ensuite passer à l’étage au dessus pour entrer dans la salle de concert. La grande majorité du public est debout bien qu’il y ait quelques places assises sur une zone périphérique légèrement surélevée. Boire une bière en regardant la scène encore vide m’a fait patienter jusqu’à l’entrée des musiciens sur scène à 19h. Miyuna entre ensuite en scène, et j’ai eu à ce moment là l’impression particulière de voir une figure familière. Il faut dire que j’écoute beaucoup sa musique ces derniers temps et suit son compte Twitter et Instagram pour en quelque sorte me préparer pour ce concert. J’ai pourtant un peu hésité à y aller car c’était un jour de semaine et il m’a fallu prendre un après-midi de congé. Je pense qu’elle aurait plus facilement fait salle comble un jour de week-end.

Miyuna n’a que 20 ans depuis le mois de Juin et a démarré sa carrière musicale avec un premier mini-album intitulé Me (眼) sorti en 2019 alors qu’elle n’avait que 17 ans. Elle était d’ailleurs passée à cette époque dans l’émission matinale Zip! de la chaîne de télévision NihonTV (日テレ) qui avait une rubrique appelée Hakkutsu (ハックツ) présentant brièvement les talents en devenir. L’émission la qualifiait comme étant la deuxième génération de Sheena Ringo (椎名林檎2世), tout en diffusant quelques extraits de morceaux venant appuyer cette ressemblance, comme celui intitulé Fuwa Fuwa (ふわふわ) du mini-album Me (眼) et Yurareru (ユラレル) de son deuxième mini-album du même nom. On lui demande même ce que ça lui fait d’être comparée à Sheena Ringo et elle répond qu’elle en est honorée, tout en se demandant si ça la désolerait ou si elle en serait heureuse. Elle n’a apparement pas eu l’occasion de lui demander. Dans le même style, les ressemblances de Sheena Ringo avec Jun Togawa avaient apparemment été notées à ses débuts et certains considéraient Sheena Ringo comme étant le retour de Jun Togawa (戸川純の再来). Il n’y a rien de bien étonnant dans ces comparaisons, mais je ne suis pas sûr ça soit vraiment faire un cadeau à un ou une artiste que de les comparer à d’autres artistes. Les médias aiment faire ce genre de correspondances et c’est assez naturel de se chercher des références existantes (je le fais bien aussi de temps en temps). Ceci étant dit, Miyuna a une approche musicale qui est la sienne. On trouve quand même quelques points communs dans sa voix très mature qu’elle arrive à moduler sur une large plage vocale, comme pourrait le faire Sheena Ringo.

Miyuna a aussi cette capacité à chanter comme si elle allait en mourir (今日死んでもいいって思うように歌ってます), comme elle le disait elle-même dans l’interview de cette émission. Elle nous dit aussi qu’elle veut exprimer par sa voix des choses qui proviennent du plus profond d’elle-même, de la même manière qu’une souffrance amène les gens à pleurer, en espérant ensuite amener du réconfort. (苦しくなったとき、人って叫ぶんですね。体の底から出てくる物を 声で表現したい。きっと聴いてくれている人がスッキリしてくれる). J’écoute beaucoup en ce moment les deux premiers mini-albums de Miyuna, Me (眼) et Yurareru (ユラレル). Sur Yurareru, le dernier morceau intitulé Ikinakya (生きなきゃ) est particulièrement poignant et sa voix lorsqu’elle se fait puissante nous prend tout d’un coup d’une émotion qui donne les larmes aux yeux. Ce morceau était le dernier qu’elle a interprété lors du concert, dans les rappels. Je n’étais pas sûr qu’elle allait l’interpréter car les mots sont particulièrement forts, mais je le souhaitais inconsciemment. Avant de l’interpréter, elle nous parle des moments difficiles au pire de la crise sanitaire qui était particulièrement difficile pour les artistes ne pouvant plus se produire devant un public. On lui devinait des larmes aux yeux à ce moment là et tout le monde dans la salle a ensuite écouté ce morceau presque religieusement. On sentait l’émotion s’échapper de sa voix, d’abord seulement accompagnée de sa guitare acoustique jusqu’à ce que le son des guitares électriques prennent la relève. Ce morceau final a dû également la marquer car elle l’a mis en ligne en écoute sur son compte SoundCloud après le concert. Un petit message ci-dessous accompagne également ce morceau.

死にたい時に作ったこの歌が 私を救って誰かを救って 泣いてくれて、精一杯音を出してくれたバンドメンバー。 気づいたら手から血が流れてて ギターの弦に血がついて それでも歌った私。 全力でぶつかった。 人生で一番生きててよかったって心から思ったよ! スタッフ、家族、バンドメンバー、友人、そしてファンのみんなのおかげだよ ありがとう 誰かの孤独に届いてくれ!

Cette chanson que j’ai créé quand je voulais mourir, elle m’a sauvé, elle a sauvé quelqu’un, elle a fait pleuré, elle a fait que les membres du groupe ont donné le meilleur d’eux même. Avant que je m’en rende compte, mes mains saignaient, les cordes de la guitare étaient tachées de sang, mais j’ai quand même continué à chanter. J’ai frappé les cordes de toutes mes forces. J’ai pensé du fond du cœur que c’était le meilleur moment de ma vie ! C’est grâce au personnel qui m’accompagne, à ma famille, aux membres du groupe, aux amis et aux fans, Merci, en espérant que cela atteigne la solitude de quelqu’un !

Son message peut paraitre parfois énigmatique ou peut être que ma compréhension est un peu approximative, mais on la ressent très honnête sur son approche musicale et très sincère vis à vis de son public. A cette toute fin de concert, on comprenait que c’était des larmes de joie de pouvoir enfin partager sa musique sur scène devant un public. Elle n’hésite pas à parler de ses fragilités dans ses morceaux et il est clair que ce morceau en particulier est particulièrement poignant. J’aime beaucoup la version du mini-album Yurareru mais celle en concert m’a laissé immobile les oreilles grandes ouvertes et des frissons traversant le corps. Je n’avais pas remarqué qu’elle frappait les cordes au point de saigner de la main, mais elle a montré une photo sur son compte Instagram alors qu’elle était de retour dans sa ville natale de Miyazaki dans le Kyushu. Quelques jours après le concert, elle écrivait sur Twitter qu’elle n’était pas sortie de chez elle pour ne pas altérer et faire continuer la sensation intense du concert. Je comprends assez bien cette sensation et je n’ai personnellement pas écouter d’autres musiques que celle de Miyuna pendant toute cette semaine, pour en quelque sorte garder en tête les images du concert.

Je démarre mon récit de ce concert par la fin, ce qui est plutôt inhabituel, mais je ne vais pas non plus passer en revue tous les morceaux. Il faut aussi noter que le morceau Ikinakya (生きなきゃ) n’est pas représentatif de l’ensemble du concert, car les moments entraînant la foule étaient très nombreux et même majoritaires. Miyuna et le groupe ont joué en entier l’album Guidance (ガイダンス) entrecoupé par quelques morceaux des mini-albums précédents, à savoir Reply (dont je parlais déjà auparavant), Me (眼) et Yurareru (ユラレル). J’ai retrouvé en concert cette voix que j’aime tant sur les albums, sauf qu’elle me paraissait ici plus puissante, au point où j’avais un peu peur qu’elle finisse par la perdre en plein vol. Elle démarre le set par le morceau Kyōai (狂愛), qui est un de ceux qui m’a le plus rappelé Sheena Ringo lors de mes premières écoutes de Guidance. Les guitares sont très fortes et on est tout de suite plongé dans un univers dense. Comme sur l’album, les morceaux plus pop viennent se mélanger à l’ensemble d’une manière étonnamment homogène, mais ils sont tout de même plus ou moins regroupés. Le nouveau morceau Aiaidana (愛愛だな) qui vient de sortir en Octobre 2022 est par exemple immédiatement suivi de Chōdai (頂戴) qui est le morceau le plus up-tempo de Guidance, puis par Soleil (ソレイユ) du mini-album Reply. Chōdai et Soleil sont dans les meilleurs morceaux de leurs albums respectifs. J’attendais bien entendu beaucoup le morceau Maisō (埋葬) qui est mon préféré de l’année et celui par lequel j’ai découvert Miyuna sur YouTube. Elle a eu la bonne idée de l’associer au morceau Fuwa Fuwa (ふわふわ) qui est particulièrement versatile et dense en ondulations vocales. Ces deux morceaux sont très caractéristiques de son univers musical. L’ensemble du set faisait un peu plus de deux heures, ce qui est extrêmement appréciable étant donné que sa carrière reste encore jeune. Il n’y avait pas de temps morts et une très bonne maîtrise de la scène, car elle bouge beaucoup quand elle n’a pas sa guitare en mains. Le premier moment de messages au public (MC) est intervenu après plusieurs morceaux. Elle nous dit qu’elle n’est pas très douée pour parler et qu’elle limitera ses passages de messages, mais en réalité, elle n’a pas pu s’empêcher de parler au public à plusieurs reprises, ce qui est une très bonne chose. Le problème est que le public ne peut pas répondre en raison des normes sanitaires toujours en cours. Elle prenait assez souvent à partie les membres du groupe pour les taquiner, en leur demandant par exemple en rigolant s’ils s’étaient bien reposés pendant qu’elle jouait seule à la guitare acoustique quelques uns des morceaux. Ce genre de petites remarques montraient la proximité qu’elle a avec son groupe et on imagine une très bonne entente, ce qui faisait rire le public. Avant le concert, elle avait d’ailleurs maquillé en rouge les ongles de chacun des musiciens et ils étaient tous assez fiers de montrer leurs doigts sur scène. J’ai trouvé ce détail assez ringo-esque car il m’a rappelé Sheena tondant Seji Kameda pour lui donner une coupe iroquois, comme si on ne pouvait rien lui refuser. Ce genre de détails est important.

Le groupe jouait en permanence sur scène sauf pour quelques ballades où Miyuna était seule à la guitare acoustique, ou seulement accompagnée de Keisaku Nakamura aux claviers. C’était le cas des morceaux my life et Himitsu (秘密). Sa voix sur my life m’impressionne à chaque fois. Je pense que c’est la passion qu’elle met dans son chant que j’aime particulièrement. Je connaissais tous les morceaux du set, sauf un nouveau intitulé Yume demo (夢でも), qu’elle a interprété dans les rappels. Il s’agit de son prochain single qui sera le thème du film Shōjo ha Sotsugyō shinai (少女は卒業しない) dont je parlais un peu plus haut. C’est également un très beau morceau riche en guitares, dans un style très différent de son dernier single actuel Aiaidana. Je ne mentionnerai pas tous les morceaux qu’elle a interprété mais le fait est qu’il n’y avait pas de baisse d’attention et de tension, au point où le concert a passé vite. Et à la fin du concert vers 21h15, alors qu’on hésite à sortir de la salle, je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter un t-shirt en souvenir. Certaines des photographies ci-dessus sont de Yūna Yoshimori (ヨシモリユウナ), d’autres proviennent du compte Instagram de Miyuna. Certaines sont les miennes sachant qu’on ne peut heureusement pas prendre de photos ou de vidéos en concert. Un DVD ou Blu-ray sortira peut-être car j’ai vu qu’une caméra tournait à l’arrière de la salle. En sortant du Shibuya Club Quattro, je me suis aussi dit qu’elle mériterait d’être beaucoup plus reconnue, ce qui viendra certainement rapidement. C’est en tout cas tout ce qu’on peut lui souhaiter. Il n’est pas très tard à Shibuya mais les rues sont presque vides. Il fait froid ce soir mais j’ai le cœur réchauffé par la musique que je viens d’entendre.

Pour référence ultérieure, je note ci-dessous la playlist du concert de Miyuna au Shibuya Club Quattro le 15 Novembre 2022 lors de sa tournée TOUR 2022 GUIDANCE:

1. Kyōai (狂愛), de l’album Guidance (ガイダンス)
2. Kanku (甘苦), de l’album Guidance (ガイダンス)
3. Saisiki(彩色), de l’album Guidance (ガイダンス)
4. Guru Guru (グルグル), du mini-album Yurareru (ユラレル)
5. Gyōshi (凝視), de l’album Guidance (ガイダンス)
6. Kizyutsu (奇術), de l’album Guidance (ガイダンス)
7. Donyoku (貪欲), de l’album Guidance (ガイダンス)
8. my life, du mini-album Reply
9. Himitsu (秘密), de l’album Guidance (ガイダンス)
10. Kuchinashi no Kotoba (くちなしの言葉), du mini-album Yurareru (ユラレル)
11. Kamisama (神様), de l’album Guidance (ガイダンス)
12. Fuwa Fuwa (ふわふわ), du mini-album Me (眼)
13. Maisō (埋葬), de l’album Guidance (ガイダンス)
14. Asagumori (朝曇), de l’album Guidance (ガイダンス)
15. Aiaidana (愛愛だな), nouveau single sorti le 11 Octobre 2022
16. Chōdai (頂戴), de l’album Guidance (ガイダンス)
17. Soleil (ソレイユ), du mini-album Reply
18. Negai (願い), de l’album Guidance (ガイダンス)
19. (encore) Yume demo (夢でも), prochain single qui sera le thème du film Shōjo ha Sotsugyō shinai (少女は卒業しない) du réalisateur Shun Nakagawa (中川駿) qui sortira en salles le 23 Février 2023
20. (encore) Kan Beer (缶ビール), du mini-album Yurareru (ユラレル)
21. (encore) Ikinakya (生きなきゃ), du mini-album Yurareru (ユラレル)